la caresse d'un songe

des mots qui se nouent, qui s'étreignent, déposés là pour le plaisir, au gré de l'inspiration, et dans l'espoir que leur musique charme celles et ceux pour qui la sensualité est un art de vivre

12 mai 2008

Juste pour le plaisir

Parce que je ne sais pas comment m'y prendre, vous n'aurez pas la musique...mais est-ce si grave, au fond? Pour ceux qui, comme moi, aime Barbara, la lecture de ces mots se fera en chantant!

rose_noire

Dis, quand reviendras-tu?....

Voilà combien de jours, voilà combien de nuits,
Voilà combien de temps que tu es reparti,
Tu m'as dit cette fois, c'est le dernier voyage,
Pour nos cœurs déchirés, c'est le dernier naufrage,
Au printemps, tu verras, je serai de retour,
Le printemps, c'est joli pour se parler d'amour,
Nous irons voir ensemble les jardins refleuris,
Et déambulerons dans les rues de Paris,

Dis, quand reviendras-tu,
Dis, au moins le sais-tu,
Que tout le temps qui passe,
Ne se rattrape guère,
Que tout le temps perdu,
Ne se rattrape plus,

Le printemps s'est enfui depuis longtemps déjà,
Craquent les feuilles mortes, brûlent les feux de bois,
A voir Paris si beau dans cette fin d'automne,
Soudain je m'alanguis, je rêve, je frissonne,
Je tangue, je chavire, et comme la rengaine,
Je vais, je viens, je vire, je me tourne, je me traîne,
Ton image me hante, je te parle tout bas,
Et j'ai le mal d'amour, et j'ai le mal de toi,

Dis, quand reviendras-tu,
Dis, au moins le sais-tu,
Que tout le temps qui passe,
Ne se rattrape guère,
Que tout le temps perdu,
Ne se rattrape plus,

J'ai beau t'aimer encore, j'ai beau t'aimer toujours,
J'ai beau n'aimer que toi, j'ai beau t'aimer d'amour,
Si tu ne comprends pas qu'il te faut revenir,
Je ferai de nous deux mes plus beaux souvenirs,
Je reprendrai la route, le monde m'émerveille,
J'irai me réchauffer à un autre soleil,
Je ne suis pas de celles qui meurent de chagrin,
Je n'ai pas la vertu des femmes de marins,

Dis, quand reviendras-tu,
Dis, au moins le sais-tu,
Que tout le temps qui passe,
Ne se rattrape guère,
Que tout le temps perdu,
Ne se rattrape plus...

Paroles et musique de Barbara

Posté par chimeres à 11:37 - C'est beau la vie - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

11 mai 2008

Songe éveillé

Pour une fois, je me suis offert un break. J'ai décidé de ne rien faire...pas si facile, finalement! La légumite, c'est pas trop mon truc, mais comme j'ai décidé de tout goûter dans la vie, pourquoi pas ça, hein? et puis on ne parle bien de ce qu'on connait bien, c'est un fait! Donc, ne rien faire, c'est bien, mais encore faut-il le faire bien: j'ai donc ressorti mon maillot de bain, la crème solaire, mes lunettes de soleil, j'ai ouvert le lit de piscine sur la terrasse et à moi le farniente!

Ah si, j'ai quand même pris un bouquin!...faut pas exagérer non plus! le vide total, ça me donne le vertige!

Je m'installe...finalement, ça fait du bien...je me oins, façon sardine qu'on s'apprête à griller au barbecue, et je soupire d'aise. J'entame ma lecture...bas de page...mais ça parle de quoi? je ne me souviens plus! je recommence...bas de page... j'ai la trouille tout à coup! c'est le manque d'habitude, peut-être: moi le farniente, ça ne me réussit pas, je ne suis même pas capable de me concentrer sur une page!

Au diable la lecture, je m'abandonne aux rayons du soleil, en rejetant loin de moi l'image du mélanome qui menace de m'emporter ad patres: vade retro satanas! y'a du boulot ailleurs! y'a plein de vieilles peaux frippées et désèchées...mais dorées à becqueter avant la mienne!

Je m'endors..si, je vous assure! je m'endors! peut-être même que je rêve...

Je sens soudain une présence à mes côtés. Contemplative, la présence. Il convient de ne pas troubler la contemplation. Et puis je dors... La sensation se précise, sous la forme d'une main qui se pose sur ma cuisse, qui suit le galbe de mes muscles, qui tourne autour de mon genou, puis qui remonte, choisissant la peau la plus fine, jusqu'à l'obstacle convoité.

Des lèvres douces se posent sur mes seins, les sucotent. Le vent sur ma peau mouillée me fait frissonner et mes tétons se dressent, courroussés. Une langue dardée les agace à présent, ayant pour effet de faire naître en mon ventre un trouble délicieux...un mouvement de mon bassin, à peine percéptible, encourage le visiteur de mes songes à m'ôter l'ultime rempart à ma nudité. Me voilà à présent comme à mon premier jour, dans l'innocence de mon sommeil, peu importe qu'il soit feint, puisque qu'il ne trompe personne...

De ses deux mains, il écarte mes cuisses et mes jambes se posent de chaque côté du lit, lui faisant une petite place qu'il prend aussitôt. Ses doigts magiciens, par leur danse subtile, épanouissent ma fleur, dont il écarte les pétales pour déguster le bourgeon. Sa langue, douce et brûlante, se fait tour à tour piquante et caressante, diabolique de précision. Elle tourne et contourne, frôle, garde le contrôle d'un plaisir qui s'approche. Elle en juge par le gonflement qu'elle procure en cette zone sensible.

Je dors, c'est entendu: je m'interdis donc le moindre mouvement volontaire: pas question de plaquer sa bouche rageusement sur mon sexe pour en finir, pas question de le supplier de me l'offrir, ce plaisir attendu...pas question non plus de glisser ma main sur le foureau qui renferme sans nul doute une epée prête à en découdre.

En amant chevaleresque, comprenant qu'il serait mal venu d'abuser plus longtemps d'une femme endormie, il rend les armes, non sans avoir porté la divine estocade! La langue s'est posée au sommet du bourgeon gonflé de désir, puis elle a, experte, apporté la jouissance, celle qui fait crier, celle qui offusque les voisins...sans réveiller l'heureuse élue, ça va de soi!

Le corps frémissant, brisée par le plaisir, c'est alors que j'ai vraiment sombré...

Posté par chimeres à 10:55 - Des songes brûlants - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

06 mai 2008

secret d'alcôve

indiscretion

Assise sur le lit, je te regarde...je t'aime, pour ta folie, qui te pousse à épouser la mienne.
J'ai envie de Toi comme ça. Offert. A ma vue, à mes mains...à mes sens.
Qu'il est bon, de réinventer sans cesse des jeux, comme deux enfants qui auraient grandi, innocents aux mains pleines. Sans le savoir, c'est toi qui a glissé l'idée à mon oreille, l'autre soir...

Un jour, je voudrais que tu te laisses faire. Je voudrais que tu laisses tes mains tranquilles, que tu cesses d'onduler comme ça, pour toujours me garder au fond de toi. Je veux maitriser ton plaisir...

Ces mots là m'ont troublée. Longtemps, ils ont résonné dans ma tête, comme une douce musique. L'idée a germé et je te l'ai promis: je m'abandonnerai comme ça. Tu liras dans mes yeux mes suppliques, mais je ne retiendrai pas prisonnier entre mes jambes-lianes; c'est toi, qui maîtriseras mes hanches-flammes, toi qui décideras de l'instant où commencera le long crescendo. Tu seras chef d'orchestre, et ta baguette sera fidèle messagère de ton âme...c'est toi qui choisiras du moment où tu me donneras la petite mort. tu te délecteras, doux-sadique, de ma lente agonie, jusqu'à ce que je t'offre le cri libérateur, celui qui sera le point d'orgue de notre concerto à deux voix...mais en attendant...

Je suis là, sur le lit, et je te regarde, offert... de quelle corde sensible vais-je jouer, crois-tu?

Et vous là...derrière la porte...oui, vous! c'est pas bien de regarder par le trou de la serrure! la suite nous appartient!

Posté par chimeres à 17:46 - Des songes brûlants - Commentaires [12] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

05 mai 2008

Tout fout le camp ma p'tite dame!

En d'autres temps, fort reculés, où les demoiselles croyaient encore aux contes de fées, les postulents Princes Charmants savaient manier la plume. Certes, de manière un peu pompeuse, certes, l'objectif final était le même qu'aujourd'hui, mais tout de même...ça avait de quoi mettre les hormones de ces oies blanches en vrac!

Avec un peu d'imagination, ça pouvait donner ceci...

Ma chère Hortense, (celle qu'est dans le Cantal)

Depuis que je vous ai vue au goûter de bienfaisance de l'abbé Tabondieu, je ne dors plus, je ne mange plus, ma vie est suspendue à votre souvenir. Votre doux regard me hante jour et nuit. Je ne rêve que de vous offrir ma vie, pour toujours. A l'instant ou j'ai baisé votre main, si légère, si fine, j'ai su que j'étais à jamais prisonnier d'un amour brûlant.
Pardonnez cette confession bien cavalière, et souffrez que je demande à votre mère, la permission de vous revoir...et gnagnagna, et gnagnagna...

serenade

Je vous l'avais dit, c'était pompeux, et le pire, c'est qu'avec des mots comme ça, ben elle était fondue, la belle Hortense! Elle va lui répondre un truc du genre "mais vous êtes fou, mon ami! comment pouvez-vous croire...blablabla...quand venez vous au fait?" Oui, là, j'extrapole un peu, c'est pour vous la faire courte...

De nos jours, Hortense s'appelle Mélanie ou Typhanie, et le Prince Charmant aux dents baguées, Jérémy ou Kévin...rhhooo! Kévin!...beurk! (jugement purement personnel: j'ai le droit, je suis quand même chez moi!)

Et la lettre...est un peu différente. Déjà, c'est pas une lettre. Tout se passe "en live", sur msn:

T'es là?

Ouais

Rhoo put1 Mélanie, l'aut' soir à la teuf de Julien, j'T trouvé trop bonne!

A ouais? t'es trop mimi!

ah ouais, C clair! Quand j'T vu avec ton slim et ton piercing sur le ventre, G tout de suite eu grave la trique!

-Bon, là, la miss, elle lui met un smiley qui rougit, tout en se tortillant sur sa chaise... du coup, l'autre, il en remet une couche dans la finesse...-

Ah ouais! pis t'en a un aussi sur la langue, nan?

Ouais

Put'1, ça doit etre trop bon ça!

-là, il a droit à un smiley qui tire la langue...elle a de la conversation, la demoiselle!-

Kess tu fais mercredi aprèm?

Rien

Tu veux pas venir chez moi? mes parents bossent

ouais mais pour quoi faire? (elle veut pas se déplacer pour rien non plus!)

A ton avis? G des nouvelles capotes, des noirs, des roses, à la vanille, à la fraise...

Ok , trop cool! A quelle heure?

elle_est_pas_belle__la_vie

....

voilà! à quelle heure! moi, je lui aurais répondu tu te mets la noire, et puis tu te l'enfiles dans l'oreille pour te déguiser en pompe à essence! Mais là, non! A quelle heure?...
N'allez pas croire que tout est inventé! même pas! Tous les ados d'aujourd'hui ne sont pas aussi rapides en besogne, mais ceux qui concluent leur plan-cul du mercredi aussi vite ne sont pas non plus minoritaires.

Perso, je trouve ça triste...pas vous? mais bon, faut voir le bon côté des choses! au moins, ils se protègent!

Alors je me dis que si je réagis comme ça, c'est sans doute que je suis déjà out, ou vieille, ou dépassée...et finalement, c'est bon d'être out, vieille et dépassée! Vive l'amour!

Posté par chimeres à 08:36 - C'est beau la vie - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

02 mai 2008

Plans sur la comète

noir

Crois-tu que je broie du noir?

Ou que je nourrisse de noirs desseins?

Que je pleure sur quelques déboires?

Ou que je ressasse un chagrin?

Tu n'y es pas du tout!

Moi, je rêve à demain!

A tes lèvres douces dans mon cou

A ton regard caressant mes seins

J'ai le coeur en voyage

Parti en diagonale

Dit comme ça, c'est pas banal

Parti vers un mirage...

Ce n'est pas un rêve que je veux caresser

Moi c'est ta peau que je veux toucher

J'avais raison d'y croire

bientôt à ta source, je retournerai boire

Posté par chimeres à 09:19 - Des lignes et des courbes - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Au magicien

Pourquoi, magicien, gardes-tu le silence?
Passent les jours et les saisons
sans vraiment en connaître la raison,
souvent à toi, je pense.

Je guête les traces de ton passage
dans l'espoir de vibrer sous ta plume
J'attends sagement de ce côté du rivage
Mais l'horizon est mort et la mer sans écume.

Aurais-tu perdu l'inspiration
tandis que tu traversais l'Atlantique
Pour te perdre aux Amériques?
pourquoi tant de discrétion?

Sais tu que tu me laisses orpheline?
Sais tu combien tu me manques?
Combien j'aimais tes offrandes câlines
Dis magicien, quand sortiras tu de ta planque?

DSCN1593

Posté par chimeres à 08:45 - Les songes, à quoi ça rime? - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

29 avril 2008

Au Clair de la Lune

Au clair de la Lune,

Mon tendre coquin

Caresse moi de ta plume

Donne moi ta main

Dis moi que tu m'aimes

Pour qu'au vent je sème

Des prières et des serments

Pour te garder Amant

au_clair_de_la_lune

Posté par chimeres à 14:37 - Des lignes et des courbes - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

28 avril 2008

C'était...il y a longtemps-2

Les jours passaient, aux autres semblables, m'offrant ces minutes de bonheur, de plaisir simple.
Puis un soir, j'ai levé les yeux et je ne l'ai pas vu. Sa fenêtre était orpheline de lui. Je ne trouvais pas son visage. C'était un vendredi. Le seul jour de la semaine où j'étais la seule à descendre du car.
Aussitôt, je me suis sentie triste, puis sotte, oui, sotte! Car il fallait bien l'être, pour avoir cru pendant tout ce temps, que j'avais pu le séduire, sans un mot, à distance! Alors mon Gimini ( mais si, Pinocchio!), ma petite voix intérieure ne m'a pas ménagée! T'es vraiment trop nulle ma pauv'fille! ...j'encaissais sans broncher quand j'ai entendu derrière moi

Bonsoir, jolie jeune fille!

Touchée. Pas encore coulée, mais ça ne devait pas tarder. Une seconde d'hésitation, une éternité. Une seconde, mais des milliers d'idées, de peurs, de joies, de folies qui traversent l'esprit.
Comme dans un rêve, je me suis retournée et j'ai découvert un ange. Comme ceux de Raphaël, mais qui auraient grandi. Il avait un visage rond, à la peau et aux traits fins, de grands yeux d'un vert profond, et des cheveux de geai, longs et bouclés.

J'étais habituée au physique ingrat et boutonneux de mes camarades de collège, et voilà que m'apparaissait le plus beau des visages.
Il m'a souri. Je ne sais plus ce que je lui ai dit. En revanche, je me rappelle de ses mots à lui...pourtant, j'ai oublié sa voix. Je me rappelle seulement qu'elle était douce. Il était si différent des autres! jusque dans sa façon de parler... d'ordinaire, je l'aurais trouvé décallé, "trop". Il n'était pas dans l'air du temps, il était hors du temps.
Nous avons marché jusque chez moi, comme si nous nous connaissions depuis toujours. Il m'a appris qu'il avait attendu des semaines avant que je ne lève mon nez vers lui. Ca m'a fait sourire.
Les soirs ont passé. Il me raccompagnait toujours. Puis il a fini par me demander si j'accepterais de me promener avec lui après le diner. J'ai accepté sans hésitation.

***

Il faisait doux ce soir là. Je suis sortie de la maison avec deux bâtons de crême glaçée. Nous avons marché, main dans la main, et nous sommes arrivés à l'orée de la forêt. Le ciel était encore clair, et comme il ne connaissait rien de la région, je lui ai dit en riant viens! je vais te montrer un endroit kitschissime! C'est presque en courant que nous sommes arrivés à la clairière...à la grotte. Je n'avais pas menti: à cet endroit, les bigots du coin avaient reconstitué la grotte de Lourdes! ça l'a beaucoup amusé.

Nous avons trouvé un petit coin de mousse, et nous nous sommes allongés l'un contre l'autre. Je me souviens de mon émoi, la joue posée contre la chaleur de son torse. Il me serrait dans ses bras, et nous étions bien, le nez au ciel.

ciel

Il me parlait doucement à l'oreille et je me laissais bercer par sa voix. Je sentais mon corps frémir, s'éveiller à un trouble nouveau. Mon coeur battait dans mes tempes et dans mon ventre, que je sentais couler. Bien sûr, chaque mois, mon ventre coulait...mais là, je savais que c'était différent, que c'était autre chose! Il semblait si patient, si tendre! Je me suis redressée et me suis penchée au dessus de lui. Nous nous sommes tus. J'ai caressé son visage, puis, les yeux fermés, j'ai glissé mes doigts sous sa chemise. J'ai senti la douceur de sa peau glabre. J'ai perçu les battements de son coeur, rapides. J'ai déboutonné, un peu. Puis j'ai caressé ses cheveux. Ils étaient doux comme la soie. Quand j'ai ouvert mes yeux, son regard avait changé. Il brûlait d'un feu nouveau, fascinant, hypnotique.

J'ai approché mes lèvres des siennes, que j'ai d'abord frôlées, timidement, puis nous avons échangé notre premier baiser, au parfum vanille-fraise de la glace que nous avions mangée. C'est comme si la terre s'était dérobée sous mon corps. J'avais le coeur et les larmes au bord des yeux, tellement le bouleversement qui s'opérait en moi était violent: je découvrais le désir.

Il m'a bousculée pour inverser les rôles. Il était au dessus de moi à présent. Ses cheveux filtraient les derniers rayons du soleil. Il a glissé sa main sous mon t-shirt et il a doucement caressé mes seins. C'est alors que j'ai senti pour la première fois sur ma cuisse, le contact rigide d'un sexe d'homme. Bien sûr, je n'ai pas osé toucher. Je laissais mes doigts vagabonder sur la soie de son dos, alors qu'il léchait avec tant de délicatesse mes tétons frissonnants.

Je me souviens... je me souviens qu'il a dégrafé mon jean's, et qu'il a froissé ma toison de ses doigts. Je me souviens que j'étais prête, à m'offrir à ce garçon, si beau, si tendre, qui me récitait des poèmes de Rimbaud ou Baudelaire en caressant mes sourcils....

Enfin je me souviens de la violence du désir, de la douleur du désir....lorsqu'il s'est redressé, comme affolé, et qu'il m'a dit qu'il ne pouvait pas faire "ça". Qu'il ne pourrait plus se regarder en face. Que j'étais trop jeune, qu'il allait repartir à la fin de l'année scolaire, et qu'il ne reviendrait pas l'année suivante. Que j'étais trop belle, qu'il ne pouvait pas "me voler ma fleur". Qu'un autre que lui viendrait, et qu'il saurait s'en montrer digne.... tant de choses qui aujourd'hui encore, me font soupirer sur son souvenir, mais qui, à l'époque, m'ont fait si mal!

Il s'appelait Stéphane. Il avait 19 ans. Il habitait Corcieux. Il était mon premier Amour.
Nous nous sommes revus, jusqu'à son départ, fin juin. Nous nous sommes quittés, dans les larmes.
Il m'a écrit, longtemps, glissant dans ses lettres des fleurs des champs séchées...

Le temps a passé. L'an dernier, j'ai retrouvé le bâton de la crême glacée que j'avais gardé, parce qu'il l'avait mordillé. J'ai retrouvé les lettres, les fleurs...les émotions. Dans ma chambre, chez ma mère, tout était là. Elle n'avait touché à rien. Elle m'a regardée en souriant quand j'ai versé une larme. Elle aussi, se souvenait de ce garçon si gentil qui avait tant fait pleurer sa fille!

J'ai tout retrouvé, et j'ai tout brûlé: on ne repasse jamais par sa jeunesse....

Posté par chimeres à 15:25 - C'est beau la vie - Commentaires [13] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

C'était...il y a longtemps

Le printemps était beau cette année-là. Le soleil généreux et les températures douces.

La nature s'éveillait en une explosion de couleurs. J'avais 14 ans.
Chaque matin, avec mes amies, je prenais le car qui nous conduisait au collège. Et chaque soir, ce même car nous déposait au pied d'un petit immeuble. C'était en fait un foyer pour étudiants. Il était là depuis toujours, je n'y avais jamais prêté attention. D'ailleurs, je me demande bien pourquoi il avait été construit là, si loin de la fac!
Nous étions ravies de pouvoir porter nos nouvelles tenues, heureuses d'offrir nos peaux blanches aux premiers rayons du soleil. Nous nous sentions légères, nous étions insouciantes.

A cette époque, mon corps s'éveillait aussi, doucement. Le soir, dans mon lit, je me souviens avoir tenté quelques explorations, sans jamais découvrir un réel plaisir. Je n'étais pas douée pour les plaisirs solitaires (j'y reviendrai un autre jour). Trop impatiente, trop ignorante...
J'aimais caresser mes seins tout ronds devant le miroir de ma chambre. Les sentir se durcir me faisait frissonner, me chavirait le coeur.

Depuis plusieurs jours, j'avais remarqué sa présence, à la fenêtre. La deuxième, en partant de la droite, dernier étage. Je revois encore sa silhouette. J'avais la sensation étrange qu'il était là pour moi, qu'il m'attendait. Chaque soir, en descendant du car, je levais les yeux, et il était là, il me regardait. Pas une seconde, je n'avais envisagé qu'il pouvait regarder Mireille plutôt que moi. Je levais les yeux, je devinais son visage, en même temps que je recevais une décharge électrique au coeur, et je me détournais.
J'habitais à quelques centaines de mètres de là. Je sentais son regard posé sur moi, jusqu'à ce que je disparaisse de sa vue. Un soir, j'avais rusé: j'avais attendu quelques secondes, puis j'étais revenue sur mes pas...il n'était plus à sa fenêtre. C'est sûr, il était là pour moi.
Cette année là, j'ai dit à ma mère que je voulais changer de chambre, prendre celle de mes frères, puisqu'ils n'étaient plus à la maison. J'ai troqué la vue sur la forêt, sur la prairie, contre celle sur l'immeuble des étudiants...
Le soleil était toujours complice. A mon tour, j'ouvrais la fenêtre, et j'attendais. Je n'ai pas attendu longtemps. Il a compris. Il a compris, que cette silhouette, à peine visible à la fenêtre de cette maison, là-bas, c'était moi.
Qu'elle était étrange cette approche, troublante cette cour! romanesque et romantique, comme je l'étais à la sortie de l'enfance.
Un soir, il m'a fait un petit signe de la main... et vlan, encore un coup au coeur! J'avais répondu, timidement. J'étais heureuse. Combien de soirs ce manège a-t-il duré? je ne me souviens pas...j'étais bien.
J'avais du rêve à ma fenêtre...

fenetre

à suivre...

Posté par chimeres à 08:53 - C'est beau la vie - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

27 avril 2008

Soleil couchant

soleil_couchant

A l'heure où le soleil se couchait

C'est à lui que je pensais

Je le rêvais si fort que je le sentais près de moi

J'aurais voulu sur ma peau la caresse de ses doigts

Relevant mes cheveux, lascive

J'aurais voulu être sa captive

Mes seins prisonniers de ses mains

Sa bouche dans mon cou pour un tendre câlin...

Posté par chimeres à 18:27 - Des lignes et des courbes - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Page suivante »