la caresse d'un songe

des mots qui se nouent, qui s'étreignent, déposés là pour le plaisir, au gré de l'inspiration, et dans l'espoir que leur musique charme celles et ceux pour qui la sensualité est un art de vivre

29 mars 2008

Liaison improbable

Comme chaque jour depuis des mois, à peine rentrée chez moi, je tape sur le clavier mon pseudo et mon mot de passe, et j’attends. Interminables secondes pendant lesquelles j’espère, le cœur battant, un message de lui. Boîte de réception (1)

Je fais durer le plaisir, caressant du pointeur le lien virtuel, puis je clique, comme on capitule.

Oui, c’est lui. Qu’a-t-il pu inventer cette fois ?

Je ne sais rien de lui, et pourtant je connais l’essentiel. J’ai goûté le sel à son cou et le lait à sa source.

Il ne sait rien de moi, qui me donne à lui sans aucune retenue, sans aucune pudeur, chaque mois, à date fixe, dans le même hôtel de la rue de la gare.

Je croise à l’occasion les putes du quartier, qui me jettent au passage un regard noir, m’offrant sans le savoir le frisson de l’interdit, audace de mon indicible légèreté.

La fréquence de nos rendez-vous me convient parfaitement : j’ai ainsi le temps de reprendre pieds dans ma vie de bourgeoise respectable et respectée, avant d’accepter à nouveau ces après-midi de folie sexuelle, entractes enflammés d’une vie sans canicule.

L’intensité qu’il donne à nos rencontres clandestines va croissante. Il s’est promis de trouver mes limites. Moi-même, je ne les connais pas, et je l’ai mis au défi de me les faire découvrir.

Il m’a demandé êtes-vous prête à tout ?

Sans réfléchir, j’ai dit oui.

Avec cette insouciance qui est le propre des fous ou des faibles d’esprit, alors que je suis parfaitement consciente des risques que je prends, que j’ai beaucoup à perdre, et que, je le répète, je ne sais rien de lui…sinon qu’il me baise comme un Dieu.



Chère Chimères,

Rendez-vous demain, chambre 123, à 14h00. Vous trouverez sur place de quoi vous vêtir, quelques accessoires auxquels vous voudrez bien ne prêter aucune attention, et un foulard dont vous vous banderez les yeux. Prévoyez le temps nécessaire à votre changement de tenue, car je vous veux prête lorsque je vous rejoindrai. Je ne serai pas seul. J’ai trouvé pour vous un ami dont les arguments devraient vous plaire. Il ne vous parlera pas. Vous ne le verrez pas.

Il ne vient pas pour vous parler poésie, vous l’avez compris…acceptez-vous ?

Klyde

Je lis et relis cette lettre, qui m’affole et me transporte, et sans attendre, je réponds

restriction, gardant en mémoire ce que vous m’avez promis lors de notre première rencontre.

Chimères



Notre contrat est simple : à tout instant, l’un de nous peut y mettre fin, s’il renonce, s’il recule, s’il refuse d’accéder au désir de l’autre. En aucun cas il n’est question d’imposer quoi que ce soit. C’est bien du contraire dont il s’agit : avoir pleine conscience d’avancer pas à pas sur un chemin à chaque fois plus sulfureux, pour en absorber le plus de sensations jouissives.

Quand l’un de nous dira Stop, il mettra un terme définitif à la relation, sans possibilité de retour.

Je serai demain, chambre 123.

Je suis en avance. Je sors du métro est remonte la rue d’un pas déterminé. J’aime l’ambiance qui règne dans ce quartier, temple de la débauche et des amours tarifés. Je m’amuse à l’idée qu’une fois par mois, je fais de la concurrence déloyale à ces femmes qui gagnent si durement leur vie, en offrant gratuitement mon cul à mon inconnu qui en abuse avec talent.

Je n’ai pas fait cas de ma tenue, puisqu’aujourd’hui, je dois trouver sur place de quoi satisfaire ses envies. C’est d’ailleurs ma curiosité qui m’a poussée à partir si tôt.

Depuis ce matin, la tension monte, l’excitation va croissante. J’ai mal dormi, comme chaque nuit qui précède nos rendez-vous. J’ai fantasmé sur cet autre que je ne verrai pas. Je l’imagine viril, puissant…et black. J’ai toujours rêvé d’un mélange en noir et blanc ! Aussitôt, je me disais que ce serait une vraie frustration, s’il l’était vraiment, puisque je ne pourrais pas le voir !

Dans le silence de la nuit, assaillie par tant d’images évocatrices, je me suis caressée jusqu’à la jouissance, espérant apaiser mes sens aiguisés par la promesse de cet après-midi de luxure.

à suivre...

lettre



Mon cher Klyde,

Imaginez-vous un instant que je puisse décliner pareille invitation ? je l’accepte, sans

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25 mars 2008

On a changé la déco!

c_est_mieux

On a changé la déco, mais on a gardé l'essentiel!

Harcelée jour et nuit par des décorateurs d'intérieur intégristes, que le papier peint de ma salle à manger semblait incommoder, nous avons décidé de changer radicalement de style. Avouez que je paie franchement de ma personne! Le côté animal de certains mâles dominants devrait être flatté...

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Message personnel

Vendetta...

pseudo évocateur et charmeur, pour qui est tombé en amour pour l'île de beauté! Soyez ici remercié de votre passage et de votre message privé si gourmand!

Mais si la vendetta exige une certaine discrétion, rien de ce que vous m'avez écrit ne justifiait tant de précaution...prenez donc place ici, laissez votre trace, quand bon vous semble.

Promis, juré, craché (beurk), je ne vous ai pas vu, je ne vous connais pas et je ne dirai rien...d'ailleurs, j'ai rien dit!

Vous m'avez donné faim! des petits cannistrelli aux amandes! voilà ce dont j'ai envie!

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Vieux poème retrouvé

Depuis que je me suis éveillée à l'Amour
J'ai le diable au corps, je le confesse sans détour
Mais je ne lui ai pas abandonné mon âme
C'est pour un ange que je me pâme

Un soir d'été, j'ai ouvert mon coeur à cet Ange
Et depuis, ici et ailleurs, je jette pour lui sur la toile
Des mots d'Amour qui retombent en poussières d'étoiles
Laissant dans leur sillage une musique douce et étrange

Vade retro satanas, tes mots ne sont que leurres
naïve je ne suis pas et de toi je n'ai plus peur
Dans ses bras, tout est calme et volupté
Il m'a redonné la paix la sérénité

Tes mots de miel n'étaient que fiel
Il est celui qui illumine mon ciel
Tes vers étaient tes seules armes
Mais mon Ange a tant de charme...

Merci, Bulle! te voilà experte en fouilles curieuses... fallait le retrouver, celui-là!

vache

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24 mars 2008

Nonchalance

nonchalance

Pose nonchalante, presque innocente,

pour attiser ton goût du revers.

Rêverie coupable,

tes mains écartant mes cuisses,

ta langue se frayant un passage dans l'étroit sillon.

Moi debout, toi à mes genoux,

mais qui de nous deux domine l'autre en cet instant?

Mon plaisir suspendu à tes caresses,

mes pensées restent secrètes et mes suppliques muettes.

Sauras-tu entendre ce que je ne dis pas?

sauras-tu décoder cette innocente nonchalance?

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23 mars 2008

Une envie...

Là, j'ai une envie de chocolat. Mais pas une envie ordinaire, non!

Et puis j'aimerais peindre...pas sur une toile, non!

J'aimerais tremper un pinceau, fin et doux, dans un bain de chocolat brûlant. Lentement, de sa pointe, je tracerais sur sa peau nue et offerte, un itinéraire gourmand, tortueux, sinueux. J'aimerais voir sa plume se dresser, soulevée par le vent léger du désir. Je m'autoriserais quelques ratures, effacées du bout de la langue, pour mieux reprendre mon exquise esquisse.

Puis sentant venir un vent plus fort, je poserais mon pinceau, et je referais le chemin à l'envers, dévorant mon oeuvre aux  saveurs sucrées-salées...

Il n'aurait rien vu. Je lui aurais bandé les yeux. Ma gourmandise à moitié satisfaite, une moustache enfantine autour des lèvres, je consentirais alors volontiers à lui baiser les lèvres, à caliner sa langue.

Et pour assouvir ma faim, je viendrais , cavalière, avaler son sexe dressé, jusqu'à ce qu'il disparaisse dans les abysses de mon intimité.

Chocolat

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Joyeuses Pâques!

En ce jour d'espérance, je souhaite de joyeuses Pâques à toutes et tous!

Mesdames...c'est le jour où jamais de partir à la chasse aux oeufs ;o)

Messieurs, trempez-les dans le chocolat, c'est plus festif! (non, ce n'est pas un synonyme de poil de cul!)

oeuf2

Je jouerais bien avec les plumes, moi...

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22 mars 2008

Il m'était revenu...

Depuis ce jour où je l'ai laissé partir, nous ne nous sommes jamais vraiment quittés. Tant de mots au vent, nous avons jeté, tant d'émotions nous avons partagé!

En lettres nouées sur la toile, en murmures glissés par téléphone,et surtout, par ces petits riens, que nous confions au facteur, en regrettant de ne pouvoir les apporter en personne, nous entretenons cette flamme, née d'une longue complicité et de folles étreintes.

Et puis hier... allo? tu as un colis!

Je saute dans ma voiture, et je retourne dans la maison où j'ai grandi, refuge de nos échanges interdits. C'est un peu comme si j'allais à un rendez-vous d'amour, toujours. Je cache comme je peux l'émotion qui m'étreint, et je repars avec le précieux trésor, sous les yeux de ma mère qui fait mine de ne pas comprendre. A peine la porte de la voiture refermée, j'ouvre maladroitement, brutalement la boîte qui résiste, et avant toute chose, je cherche une enveloppe...elle est là!

Je la serre contre mon coeur, qui bat la chamade. Je m'impose la patience, je fais durer la torture. Comment expliquer mes mains qui tremblent, mes muscles qui se tétanisent, la violence des émotions, qui imposent à mon corps ce châtiment délicieux?

Enfin, j'ouvre, et je libère la page, noircie de sa chère écriture...un souffle...si je n'étais coincée sur mon siège, je serais collée au mur, je glisserais, liquéfiée, terrassée. Des larmes jaillissent de mes yeux en rivières, en torrents...il m'est revenu!

Comme au premier jour, au pied de l'arbre de Noël, devant la gare. J'ai glissé mon nez dans son cou et j'ai pris perpèt'. Comme au deuxième jour, lorsqu'il m'a cueillie, nue sous mon manteau, et que je me suis réfugiée contre sa peau. Comme au dernier jour, quand je l'ai respiré si fort, qu'il est entré en moi à jamais...

aujourd'hui...je ferme les yeux. son parfum a envahi l'espace. Il est là... je frôle la lettre de ma joue, et c'est sa peau que je caresse. Il manque ses mains sur mon visage, il manque sa chaleur... Il me manque.

Pourtant, l'espace d'un instant, il m'était revenu...

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21 mars 2008

Mélancolie

DSCN1963

Ce matin, j'ai froid. Inutile de couvrir ma peau, j'ai froid dedans. Pourtant, mon coeur et mon ventre brûlent d'un désir ardent. Je maudis la distance qui nous sépare, qui nous tient éloignés l'un de l'autre. Dos au mur, face à la réalité toute nue, la mélancolie m'envahit peu à peu. Le manque de Lui me serre la gorge. J'ai des envies d'encore, plus fort. Je veux le voir chavirer, fermer les yeux quand ses soupirs s'envoleront. Je veux voir ses mains sur mes seins dans un miroir, sentir son sexe lourd contre mes fesses.

Tout cela et bien plus encore... Aujourd'hui, j'ai froid et j'ai du vague à l'âme.

Mon amour, mon fripon, dis-moi que je goûterai encore ta peau, que je boirai encore à ta source.

Mon amour, ma douleur, aujourd'hui...j'ai le mal de Toi.

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18 mars 2008

Equilibre imparfait

petit_jeu

Nous nous sommes donnés rendez-vous. Je suis arrivée la première. Je l’attends. L’attente est une douce torture, un délicieux mélange d’excitation et d’appréhension. J’entends ses pas dans le couloirs.

Je prends place, dans un équilibre précaire, sur un tabouret étroit. Je prends place, dans une pose indécente, obscène. Aujourd’hui, j’ai envie d’être à lui. Envie qu’il me fasse l’amour sans ménagement, en pensant à lui.

J’ai envie de voir un désir lubrique dans ses yeux. Envie de me sentir objet de plaisir.

Déjà, il repousse la porte derrière lui. Enfin, il m’aperçoit. Surpris de me trouver ainsi offerte, il me sourit. Je l’observe, le défiant du regard. Je ne dis pas un mot, lui non plus. Il se déshabille, lentement. D’abord sa chemise, qu’il prend le temps de poser sur le dossier d’une chaise. Il sait qu’il joue avec moi. Je ne bouge pas, je sais être patiente, même si mes lèvres gonflées me font souffrir, même si le vide de lui m’aspire.

Le voilà nu. Le sexe dressé, arrogant, il s’approche de moi, d’une démarche féline. Il caresse ma joue de sa main, puis de son glaive puissant. Enivrante douceur de sa peau, délicat parfum, alchimie des sens, je lui offre le refuge de ma bouche. Comme un serpent avale sa proie, je l’engloutis patiemment, en serrant et relâchant l’étreinte de mes lèvres, jusqu’à le sentir au fond de ma gorge. Mes mains restent posées sur le tabouret et je demeure presque immobile. J’attends de lui qu’il prenne l’initiative. J’attends de lui qu’il lise dans mes pensées… j’attends de lui qu’il baise ma bouche comme il baise mon ventre. Il a entendu ma supplique muette, au-delà de mes espérances. Il va et vient dans ma bouche, sans retenue, sans tenir compte des hauts le cœur qui menacent, ignorant l’asphyxie qui menace, il se donne du plaisir, et son plaisir est le mien. Il m’électrise. Ma salive coule, les bruits de succion semblent l’exciter d’avantage encore. Au bord de l’explosion, il se retire, s’agenouille et m’embrasse tendrement.

Puis, en silence, il me contourne. Je ne veux pas me retourner. J’ai les sens en éveil. Il me semble entendre le moindre son, ressentir le moindre frôlement. Divins instants que ceux qui précèdent la délivrance.

Il écarte doucement mes fesses, et recueille avec gourmandise le nectar qui coule de ma fente. Le contact de sa langue est doux, brûlant. Il aspire mes lèvres intimes, fait rouler mon clitoris sous ses doigts. De sa langue dardée, il force la porte des plaisirs interdits. Il y enfonce un doigt, puis deux. Je gémis sous l’assaut , quelque peu sauvage. Il prononce des mots crus, des mots à frémir, des mots qui appellent la jouissance. Je les reçois, docile et offerte, et je les encourage de mes soupirs. Il se redresse et enfin, s’enfonce dans la douce moiteur de mon écrin. En mouvements doux et amples, il prend possession de mon ventre, s’allongeant un peu sur mon dos, pour libérer mes seins lourds.

La jouissance est proche, déjà , les frissons s’emparent de ma peau. Il accélère la cadence et je jouis, de son sexe dans mon ventre et de ses doigts dans mon anus…satisfait, il se retire pour emprunter l’étroit chemin. Dans un râle animal, il déverse sa lave blanche au creux de mes reins…

Reprenant ses esprits, il me soulève et me dépose sur le lit. Doucement il me déshabille. Je me réfugie au creux de son épaule, repue et ravie, pour un long moment de tendresse.   

Posté par chimeres à 18:10 - Des lignes et des courbes - Commentaires [16] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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