la caresse d'un songe

des mots qui se nouent, qui s'étreignent, déposés là pour le plaisir, au gré de l'inspiration, et dans l'espoir que leur musique charme celles et ceux pour qui la sensualité est un art de vivre

28 avril 2008

C'était...il y a longtemps

Le printemps était beau cette année-là. Le soleil généreux et les températures douces.

La nature s'éveillait en une explosion de couleurs. J'avais 14 ans.
Chaque matin, avec mes amies, je prenais le car qui nous conduisait au collège. Et chaque soir, ce même car nous déposait au pied d'un petit immeuble. C'était en fait un foyer pour étudiants. Il était là depuis toujours, je n'y avais jamais prêté attention. D'ailleurs, je me demande bien pourquoi il avait été construit là, si loin de la fac!
Nous étions ravies de pouvoir porter nos nouvelles tenues, heureuses d'offrir nos peaux blanches aux premiers rayons du soleil. Nous nous sentions légères, nous étions insouciantes.

A cette époque, mon corps s'éveillait aussi, doucement. Le soir, dans mon lit, je me souviens avoir tenté quelques explorations, sans jamais découvrir un réel plaisir. Je n'étais pas douée pour les plaisirs solitaires (j'y reviendrai un autre jour). Trop impatiente, trop ignorante...
J'aimais caresser mes seins tout ronds devant le miroir de ma chambre. Les sentir se durcir me faisait frissonner, me chavirait le coeur.

Depuis plusieurs jours, j'avais remarqué sa présence, à la fenêtre. La deuxième, en partant de la droite, dernier étage. Je revois encore sa silhouette. J'avais la sensation étrange qu'il était là pour moi, qu'il m'attendait. Chaque soir, en descendant du car, je levais les yeux, et il était là, il me regardait. Pas une seconde, je n'avais envisagé qu'il pouvait regarder Mireille plutôt que moi. Je levais les yeux, je devinais son visage, en même temps que je recevais une décharge électrique au coeur, et je me détournais.
J'habitais à quelques centaines de mètres de là. Je sentais son regard posé sur moi, jusqu'à ce que je disparaisse de sa vue. Un soir, j'avais rusé: j'avais attendu quelques secondes, puis j'étais revenue sur mes pas...il n'était plus à sa fenêtre. C'est sûr, il était là pour moi.
Cette année là, j'ai dit à ma mère que je voulais changer de chambre, prendre celle de mes frères, puisqu'ils n'étaient plus à la maison. J'ai troqué la vue sur la forêt, sur la prairie, contre celle sur l'immeuble des étudiants...
Le soleil était toujours complice. A mon tour, j'ouvrais la fenêtre, et j'attendais. Je n'ai pas attendu longtemps. Il a compris. Il a compris, que cette silhouette, à peine visible à la fenêtre de cette maison, là-bas, c'était moi.
Qu'elle était étrange cette approche, troublante cette cour! romanesque et romantique, comme je l'étais à la sortie de l'enfance.
Un soir, il m'a fait un petit signe de la main... et vlan, encore un coup au coeur! J'avais répondu, timidement. J'étais heureuse. Combien de soirs ce manège a-t-il duré? je ne me souviens pas...j'étais bien.
J'avais du rêve à ma fenêtre...

fenetre

à suivre...

Posté par chimeres à 08:53 - C'est beau la vie - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Euh, Chimères,

je suis désolé de te le révèler aujourd'hui. Ce n'était point moi, là bas, en face de toi, le rêve à ta fenêtre (rire).

Bisous de consolation

Posté par Pascou, 05 mai 2008 à 12:26

...

je m'en doutais un peu...j'ai cru comprendre que la vue de ta propre fenêtre était plus...pittoresque ;o)

Posté par Chimeres, 05 mai 2008 à 14:45

Hummmm ...

J'aurais adoré t'avoir au bout de ma double lorgnette (rire), moi ...

Bisous frustrés

Posté par Pascou, 05 mai 2008 à 17:31

...

Voilà qu'il est frustré, maintenant! dis... tu voudrais pas aller nous écrire quelque chose chez toi, histoire d'évacuer? l'écriture est une bonne thérapie, et ton dernier post est déjà bien ancien, je trouve ;o)

Posté par chimeres, 06 mai 2008 à 12:58

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