11 mai 2008
Songe éveillé
Pour une fois, je me suis offert un break. J'ai décidé de ne rien faire...pas si facile, finalement! La légumite, c'est pas trop mon truc, mais comme j'ai décidé de tout goûter dans la vie, pourquoi pas ça, hein? et puis on ne parle bien de ce qu'on connait bien, c'est un fait! Donc, ne rien faire, c'est bien, mais encore faut-il le faire bien: j'ai donc ressorti mon maillot de bain, la crème solaire, mes lunettes de soleil, j'ai ouvert le lit de piscine sur la terrasse et à moi le farniente!
Ah si, j'ai quand même pris un bouquin!...faut pas exagérer non plus! le vide total, ça me donne le vertige!
Je m'installe...finalement, ça fait du bien...je me oins, façon sardine qu'on s'apprête à griller au barbecue, et je soupire d'aise. J'entame ma lecture...bas de page...mais ça parle de quoi? je ne me souviens plus! je recommence...bas de page... j'ai la trouille tout à coup! c'est le manque d'habitude, peut-être: moi le farniente, ça ne me réussit pas, je ne suis même pas capable de me concentrer sur une page!
Au diable la lecture, je m'abandonne aux rayons du soleil, en rejetant loin de moi l'image du mélanome qui menace de m'emporter ad patres: vade retro satanas! y'a du boulot ailleurs! y'a plein de vieilles peaux frippées et désèchées...mais dorées à becqueter avant la mienne!
Je m'endors..si, je vous assure! je m'endors! peut-être même que je rêve...
Je sens soudain une présence à mes côtés. Contemplative, la présence. Il convient de ne pas troubler la contemplation. Et puis je dors... La sensation se précise, sous la forme d'une main qui se pose sur ma cuisse, qui suit le galbe de mes muscles, qui tourne autour de mon genou, puis qui remonte, choisissant la peau la plus fine, jusqu'à l'obstacle convoité.
Des lèvres douces se posent sur mes seins, les sucotent. Le vent sur ma peau mouillée me fait frissonner et mes tétons se dressent, courroussés. Une langue dardée les agace à présent, ayant pour effet de faire naître en mon ventre un trouble délicieux...un mouvement de mon bassin, à peine percéptible, encourage le visiteur de mes songes à m'ôter l'ultime rempart à ma nudité. Me voilà à présent comme à mon premier jour, dans l'innocence de mon sommeil, peu importe qu'il soit feint, puisque qu'il ne trompe personne...
De ses deux mains, il écarte mes cuisses et mes jambes se posent de chaque côté du lit, lui faisant une petite place qu'il prend aussitôt. Ses doigts magiciens, par leur danse subtile, épanouissent ma fleur, dont il écarte les pétales pour déguster le bourgeon. Sa langue, douce et brûlante, se fait tour à tour piquante et caressante, diabolique de précision. Elle tourne et contourne, frôle, garde le contrôle d'un plaisir qui s'approche. Elle en juge par le gonflement qu'elle procure en cette zone sensible.
Je dors, c'est entendu: je m'interdis donc le moindre mouvement volontaire: pas question de plaquer sa bouche rageusement sur mon sexe pour en finir, pas question de le supplier de me l'offrir, ce plaisir attendu...pas question non plus de glisser ma main sur le foureau qui renferme sans nul doute une epée prête à en découdre.
En amant chevaleresque, comprenant qu'il serait mal venu d'abuser plus longtemps d'une femme endormie, il rend les armes, non sans avoir porté la divine estocade! La langue s'est posée au sommet du bourgeon gonflé de désir, puis elle a, experte, apporté la jouissance, celle qui fait crier, celle qui offusque les voisins...sans réveiller l'heureuse élue, ça va de soi!
Le corps frémissant, brisée par le plaisir, c'est alors que j'ai vraiment sombré...