la caresse d'un songe

des mots qui se nouent, qui s'étreignent, déposés là pour le plaisir, au gré de l'inspiration, et dans l'espoir que leur musique charme celles et ceux pour qui la sensualité est un art de vivre

04 février 2009

Belle découverte

Je découvre avec un plaisir croissant le premier roman d'un auteur de talent: Jean-Baptiste Del Amo.

Dans son livre, Une éducation libertine, ce jeune homme de 26 ans fait preuve d'une étonnante maturité. Mais par dessus tout, je suis soufflée par la flamboyance de sa plume. Il exhume des trésors de la langue française, des richesses de métaphores, des perles d'élégance. Dès les premières pages, j'ai été cueillie par la précision chirurgicale de ses descriptions. Del Amo s'emploie à planter le décor, à plonger son lecteur dans ce décor, à lui en faire respirer les odeurs, ressentir l'atmosphère. Et justement, c'est assez dérangeant. Comme pour s'excuser par avance, on peut lire trois lignes de Gabrielle Wittkop, comme une justification: Mais pourquoi parler avec tant d'obstination de ces fressures?...Simplement parce qu'elles sont en nous, le jour et la nuit.

L'histoire se déroule entre Quimper et Paris, en 1760; Dans cette France où se côtoient la misère et la crasse des bas-fonds, et le raffinement des salons. La mort et la décomposition des corps sont exposés sans complaisance, comme pour démontrer l'inexistence de Dieu, et justifier tous les excès de la vie.
L'histoire n'est pas sans rappeler Les liaisons dangereuses, par la préciosité du verbe, même si l'intrigue est bien différente.

Un texte sensuel qui ne laisse pas insensible. L'histoire de l'ascension puis de la chute d'un homme asservi par la chair... Fascinant et dérangeant!

livre

Posté par chimeres à 15:39 - Tout et rien - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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