la caresse d'un songe

des mots qui se nouent, qui s'étreignent, déposés là pour le plaisir, au gré de l'inspiration, et dans l'espoir que leur musique charme celles et ceux pour qui la sensualité est un art de vivre

04 juillet 2008

Absence

Je boucle mes bagages, je pars en voyage
D'ici là, surtout, ne soyez pas sages!
Après mon retour, je reprendrai mes lectures
Et si le coeur m'en dit, peut-être l'écriture...

BONNES VACANCES A TOUS!!!

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27 mai 2008

Les mots-clé

Parfois, je m'amuse à consulter les statistiques. C'est ainsi que je sais que j'ai parmi mes lecteurs ou lectrices, des gens fidèles qui ne laissent jamais de commentaires. Leurs passages, souvent longs, témoignent de leur intérêt et ça me suffit.

Plus rarement, je consulte les mots clés qui ont conduit certains à cliquer chez moi...et là, souvent, je passe un franc moment de rigolade. L'insolite du jour, c'est "baise bien et fou le camp",(écrit tel quel),  en provenance de google. Et là... grand moment de solitude: comment, avec des mots-clé comme ça, peut-on atterrir chez moi?! enfin, l'honneur est sauf, la connexion n'a duré que quelques secondes...

Dans le même genre, j'ai eu aussi, "baiser avec ma mère", "elle m'a mordu le clitoris"... y'a des gens bizarres...

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21 mai 2008

Conduite voluptueuse

Voilà un bail que nous n'étions pas allés passer le week-end chez nos amis, surtout sans les enfants: ça fait du bien de se retrouver à deux, de temps en temps!

La soirée d'hier s'est bien passée. Le repas était délicieux, comme d'habitude, et les vins exquis. Commencer la soirée au vin de paille, et poursuivre par un Romanée Conti, c'était franchement une bonne idée...mais le vin me grise, et tu sais bien que lorsque je suis grise...

Quelle idée de dormir, chez eux! Dans ce lit qui grince, dans cette chambre au parquet qui craque! A table, déjà, je sentais une douce chaleur m'envahir. Tu as pu évaluer la lente montée du désir, à l'ascension simultanée de mon pied le long de ta jambe, sous la table, jusqu'à ce qu'il se niche entre tes cuisses. Ton regard me disait mais t'es folle, arrête! et en même temps oh oui, continue! J'adore mesurer l'effet de mes caresses au reflet de tes yeux! Dans les miens, tu pouvais lire tous les scenarii obscènes dont je rêvais. La peur de se faire surprendre, le goût de l'interdit décuplent toujours ma soif de folies. J'attends le moment où tu seras contraint d'abandonner la partie: à ce jeu, je gagne toujours! Et tu as abandonné, comme toujours... emprisonné mon pied, entre tes cuisses serrées, tel un puceau effarouché. Trop tard, je l'ai senti! et je te le dis en silence, droit dans les yeux: tu bandes mon chéri!

Pas facile de suivre la conversation, soumis à une telle pression! Tu t'es bien gardé t'attiser davantage le feu qui couvait en mon ventre. Tu aurais senti entre mes lèvres intimes perler les larmes d'émotion. Trop sage! tu m'agaces!

Je ne savais pas que je t'avais chauffé à ce point. Lorsque nous nous sommes couchés, je me suis lovée contre toi, et j'ai entamé les caresses, celles qui riment avec ivresse... Mauvais perdant! Tu la tiens ta revanche! Ta volonté de fer, triomphante de la faiblesse de ma chair.

Non.

Un mot de trois lettres, trois fois rien, pour une nuit de désir brûlant inasouvi. Je te déteste...aussi fort que je t'aime. Je déteste ton sourire en coin au petit matin, qui me dit alors, qui c'est le plus fort? C'est ça! tu te crois le plus malin? Tu n'as pas plus dormi que moi. J'ai senti ton sexe dressé, tendu à l'extrême. Triomphe encore, de l'esprit sur le corps...

Dimanche matin entre copains, entre copines. Défouloir entre filles: si tu savais tout ce qu'on a balancé sur vous! et on en est arrivé à la conclusion suivante: vous êtes les plus grands emmerdeurs que la terre aie portés...mais on ne peut pas se passer de vous!...déprimant!

Le temps a passé doucement, puis nous avons repris la route...
Regards complices, sourires taquins, doigts mêlés, mots câlins. Tu conduis. Ma tête sur ton épaule, ma main sur ta poitrine, sage...d'abord. Le silence s'impose. Nous sommes concentrés l'un et l'autre sur nos sens, qui à nouveau s'embrasent. Lorsque ma main, un a un, défait les boutons de ta chemise, tu ne dis rien. Tu regardes sérieusement la route. L'A4 est déserte en ce dimanche après-midi.
Alors je m'enhardis, caresse ta poitrine, pince doucement tes tétons. Seule ta respiration me renseigne sur ton émoi, jusqu'à ce que mes yeux se posent sur le renflement de ton pantalon, sous la ceinture de sécurité.
Je m'applique à défaire délicatement ta ceinture, puis les agrafes, enfin la fermeture, que je fais glisser, cran par cran. A présent, c'est moi qui la tiens, ma revanche! Tu abandonnes. Cette fois, la raison abdique, et tu te cambres légèrement, pour faciliter la libération de ton sexe...

Qu'il est beau! long, épais, doux. Il est là, dressé entre tes cuisses, comme étranger de toi, qui garde toujours les yeux rivés sur le ruban de bitume. Mais tes yeux brillent, trahissant tes pensées. Je l'emprisonne de ma main et sa chaleur m'irradie. Quelques va et vient suffisent à faire jaillir la perle cristalline. Cette fois, je n'y tiens plus, je me penche et la recueille sur le bout de ma langue. D'un doigt mouillé à ma bouche, je caresse tes lèvres, puis je retourne engloutir l'émouvante colonne de chair, frémissante sous les assauts experts de ma langue. Ta respiration s'accélère. Tant de désir contenu, depuis si longtemps, aura bientôt raison de toi! Je relâche un peu la pression, me redresse et te regarde. Tu aimes? oui! mais c'est pas prudent...et puis, qu'est-ce que tu veux? Sur ces mots de bon sens, je replonge pour t'engloutir au fond de ma gorge, t'aspirer, te lécher, te sucer avec gourmandise. Je sens monter ta jouissance, imminente. L'une de tes mains lâche le volant et s'abat sur mon épaule et la serre à me faire mal. Arrête ou je vais jouir! Piquante supplique qui me fait redoubler de vigueur, jusqu'à ce qu'en jets saccadés et longs, tu déverses sur ma langue le plus doux des nectars.

Je me redresse dans un sourire, la bouche souillée comme un enfant gourmand et je te lance "alors, c'est qui le plus fort?" en éclatant de rire. Pas folle! par ces quelques mots aiguillons, je viens de prendre une option pour une nuit de tendre revanche!

Conduis bien mon chéri! moi, maintenant...je dors!

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20 mai 2008

une idée pour ce soir?

Et ce ne sont pas ces messieurs qui me contrediront....

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12 mai 2008

Juste pour le plaisir

Parce que je ne sais pas comment m'y prendre, vous n'aurez pas la musique...mais est-ce si grave, au fond? Pour ceux qui, comme moi, aime Barbara, la lecture de ces mots se fera en chantant!

rose_noire

Dis, quand reviendras-tu?....

Voilà combien de jours, voilà combien de nuits,
Voilà combien de temps que tu es reparti,
Tu m'as dit cette fois, c'est le dernier voyage,
Pour nos cœurs déchirés, c'est le dernier naufrage,
Au printemps, tu verras, je serai de retour,
Le printemps, c'est joli pour se parler d'amour,
Nous irons voir ensemble les jardins refleuris,
Et déambulerons dans les rues de Paris,

Dis, quand reviendras-tu,
Dis, au moins le sais-tu,
Que tout le temps qui passe,
Ne se rattrape guère,
Que tout le temps perdu,
Ne se rattrape plus,

Le printemps s'est enfui depuis longtemps déjà,
Craquent les feuilles mortes, brûlent les feux de bois,
A voir Paris si beau dans cette fin d'automne,
Soudain je m'alanguis, je rêve, je frissonne,
Je tangue, je chavire, et comme la rengaine,
Je vais, je viens, je vire, je me tourne, je me traîne,
Ton image me hante, je te parle tout bas,
Et j'ai le mal d'amour, et j'ai le mal de toi,

Dis, quand reviendras-tu,
Dis, au moins le sais-tu,
Que tout le temps qui passe,
Ne se rattrape guère,
Que tout le temps perdu,
Ne se rattrape plus,

J'ai beau t'aimer encore, j'ai beau t'aimer toujours,
J'ai beau n'aimer que toi, j'ai beau t'aimer d'amour,
Si tu ne comprends pas qu'il te faut revenir,
Je ferai de nous deux mes plus beaux souvenirs,
Je reprendrai la route, le monde m'émerveille,
J'irai me réchauffer à un autre soleil,
Je ne suis pas de celles qui meurent de chagrin,
Je n'ai pas la vertu des femmes de marins,

Dis, quand reviendras-tu,
Dis, au moins le sais-tu,
Que tout le temps qui passe,
Ne se rattrape guère,
Que tout le temps perdu,
Ne se rattrape plus...

Paroles et musique de Barbara

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05 mai 2008

Tout fout le camp ma p'tite dame!

En d'autres temps, fort reculés, où les demoiselles croyaient encore aux contes de fées, les postulents Princes Charmants savaient manier la plume. Certes, de manière un peu pompeuse, certes, l'objectif final était le même qu'aujourd'hui, mais tout de même...ça avait de quoi mettre les hormones de ces oies blanches en vrac!

Avec un peu d'imagination, ça pouvait donner ceci...

Ma chère Hortense, (celle qu'est dans le Cantal)

Depuis que je vous ai vue au goûter de bienfaisance de l'abbé Tabondieu, je ne dors plus, je ne mange plus, ma vie est suspendue à votre souvenir. Votre doux regard me hante jour et nuit. Je ne rêve que de vous offrir ma vie, pour toujours. A l'instant ou j'ai baisé votre main, si légère, si fine, j'ai su que j'étais à jamais prisonnier d'un amour brûlant.
Pardonnez cette confession bien cavalière, et souffrez que je demande à votre mère, la permission de vous revoir...et gnagnagna, et gnagnagna...

serenade

Je vous l'avais dit, c'était pompeux, et le pire, c'est qu'avec des mots comme ça, ben elle était fondue, la belle Hortense! Elle va lui répondre un truc du genre "mais vous êtes fou, mon ami! comment pouvez-vous croire...blablabla...quand venez vous au fait?" Oui, là, j'extrapole un peu, c'est pour vous la faire courte...

De nos jours, Hortense s'appelle Mélanie ou Typhanie, et le Prince Charmant aux dents baguées, Jérémy ou Kévin...rhhooo! Kévin!...beurk! (jugement purement personnel: j'ai le droit, je suis quand même chez moi!)

Et la lettre...est un peu différente. Déjà, c'est pas une lettre. Tout se passe "en live", sur msn:

T'es là?

Ouais

Rhoo put1 Mélanie, l'aut' soir à la teuf de Julien, j'T trouvé trop bonne!

A ouais? t'es trop mimi!

ah ouais, C clair! Quand j'T vu avec ton slim et ton piercing sur le ventre, G tout de suite eu grave la trique!

-Bon, là, la miss, elle lui met un smiley qui rougit, tout en se tortillant sur sa chaise... du coup, l'autre, il en remet une couche dans la finesse...-

Ah ouais! pis t'en a un aussi sur la langue, nan?

Ouais

Put'1, ça doit etre trop bon ça!

-là, il a droit à un smiley qui tire la langue...elle a de la conversation, la demoiselle!-

Kess tu fais mercredi aprèm?

Rien

Tu veux pas venir chez moi? mes parents bossent

ouais mais pour quoi faire? (elle veut pas se déplacer pour rien non plus!)

A ton avis? G des nouvelles capotes, des noirs, des roses, à la vanille, à la fraise...

Ok , trop cool! A quelle heure?

elle_est_pas_belle__la_vie

....

voilà! à quelle heure! moi, je lui aurais répondu tu te mets la noire, et puis tu te l'enfiles dans l'oreille pour te déguiser en pompe à essence! Mais là, non! A quelle heure?...
N'allez pas croire que tout est inventé! même pas! Tous les ados d'aujourd'hui ne sont pas aussi rapides en besogne, mais ceux qui concluent leur plan-cul du mercredi aussi vite ne sont pas non plus minoritaires.

Perso, je trouve ça triste...pas vous? mais bon, faut voir le bon côté des choses! au moins, ils se protègent!

Alors je me dis que si je réagis comme ça, c'est sans doute que je suis déjà out, ou vieille, ou dépassée...et finalement, c'est bon d'être out, vieille et dépassée! Vive l'amour!

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28 avril 2008

C'était...il y a longtemps-2

Les jours passaient, aux autres semblables, m'offrant ces minutes de bonheur, de plaisir simple.
Puis un soir, j'ai levé les yeux et je ne l'ai pas vu. Sa fenêtre était orpheline de lui. Je ne trouvais pas son visage. C'était un vendredi. Le seul jour de la semaine où j'étais la seule à descendre du car.
Aussitôt, je me suis sentie triste, puis sotte, oui, sotte! Car il fallait bien l'être, pour avoir cru pendant tout ce temps, que j'avais pu le séduire, sans un mot, à distance! Alors mon Gimini ( mais si, Pinocchio!), ma petite voix intérieure ne m'a pas ménagée! T'es vraiment trop nulle ma pauv'fille! ...j'encaissais sans broncher quand j'ai entendu derrière moi

Bonsoir, jolie jeune fille!

Touchée. Pas encore coulée, mais ça ne devait pas tarder. Une seconde d'hésitation, une éternité. Une seconde, mais des milliers d'idées, de peurs, de joies, de folies qui traversent l'esprit.
Comme dans un rêve, je me suis retournée et j'ai découvert un ange. Comme ceux de Raphaël, mais qui auraient grandi. Il avait un visage rond, à la peau et aux traits fins, de grands yeux d'un vert profond, et des cheveux de geai, longs et bouclés.

J'étais habituée au physique ingrat et boutonneux de mes camarades de collège, et voilà que m'apparaissait le plus beau des visages.
Il m'a souri. Je ne sais plus ce que je lui ai dit. En revanche, je me rappelle de ses mots à lui...pourtant, j'ai oublié sa voix. Je me rappelle seulement qu'elle était douce. Il était si différent des autres! jusque dans sa façon de parler... d'ordinaire, je l'aurais trouvé décallé, "trop". Il n'était pas dans l'air du temps, il était hors du temps.
Nous avons marché jusque chez moi, comme si nous nous connaissions depuis toujours. Il m'a appris qu'il avait attendu des semaines avant que je ne lève mon nez vers lui. Ca m'a fait sourire.
Les soirs ont passé. Il me raccompagnait toujours. Puis il a fini par me demander si j'accepterais de me promener avec lui après le diner. J'ai accepté sans hésitation.

***

Il faisait doux ce soir là. Je suis sortie de la maison avec deux bâtons de crême glaçée. Nous avons marché, main dans la main, et nous sommes arrivés à l'orée de la forêt. Le ciel était encore clair, et comme il ne connaissait rien de la région, je lui ai dit en riant viens! je vais te montrer un endroit kitschissime! C'est presque en courant que nous sommes arrivés à la clairière...à la grotte. Je n'avais pas menti: à cet endroit, les bigots du coin avaient reconstitué la grotte de Lourdes! ça l'a beaucoup amusé.

Nous avons trouvé un petit coin de mousse, et nous nous sommes allongés l'un contre l'autre. Je me souviens de mon émoi, la joue posée contre la chaleur de son torse. Il me serrait dans ses bras, et nous étions bien, le nez au ciel.

ciel

Il me parlait doucement à l'oreille et je me laissais bercer par sa voix. Je sentais mon corps frémir, s'éveiller à un trouble nouveau. Mon coeur battait dans mes tempes et dans mon ventre, que je sentais couler. Bien sûr, chaque mois, mon ventre coulait...mais là, je savais que c'était différent, que c'était autre chose! Il semblait si patient, si tendre! Je me suis redressée et me suis penchée au dessus de lui. Nous nous sommes tus. J'ai caressé son visage, puis, les yeux fermés, j'ai glissé mes doigts sous sa chemise. J'ai senti la douceur de sa peau glabre. J'ai perçu les battements de son coeur, rapides. J'ai déboutonné, un peu. Puis j'ai caressé ses cheveux. Ils étaient doux comme la soie. Quand j'ai ouvert mes yeux, son regard avait changé. Il brûlait d'un feu nouveau, fascinant, hypnotique.

J'ai approché mes lèvres des siennes, que j'ai d'abord frôlées, timidement, puis nous avons échangé notre premier baiser, au parfum vanille-fraise de la glace que nous avions mangée. C'est comme si la terre s'était dérobée sous mon corps. J'avais le coeur et les larmes au bord des yeux, tellement le bouleversement qui s'opérait en moi était violent: je découvrais le désir.

Il m'a bousculée pour inverser les rôles. Il était au dessus de moi à présent. Ses cheveux filtraient les derniers rayons du soleil. Il a glissé sa main sous mon t-shirt et il a doucement caressé mes seins. C'est alors que j'ai senti pour la première fois sur ma cuisse, le contact rigide d'un sexe d'homme. Bien sûr, je n'ai pas osé toucher. Je laissais mes doigts vagabonder sur la soie de son dos, alors qu'il léchait avec tant de délicatesse mes tétons frissonnants.

Je me souviens... je me souviens qu'il a dégrafé mon jean's, et qu'il a froissé ma toison de ses doigts. Je me souviens que j'étais prête, à m'offrir à ce garçon, si beau, si tendre, qui me récitait des poèmes de Rimbaud ou Baudelaire en caressant mes sourcils....

Enfin je me souviens de la violence du désir, de la douleur du désir....lorsqu'il s'est redressé, comme affolé, et qu'il m'a dit qu'il ne pouvait pas faire "ça". Qu'il ne pourrait plus se regarder en face. Que j'étais trop jeune, qu'il allait repartir à la fin de l'année scolaire, et qu'il ne reviendrait pas l'année suivante. Que j'étais trop belle, qu'il ne pouvait pas "me voler ma fleur". Qu'un autre que lui viendrait, et qu'il saurait s'en montrer digne.... tant de choses qui aujourd'hui encore, me font soupirer sur son souvenir, mais qui, à l'époque, m'ont fait si mal!

Il s'appelait Stéphane. Il avait 19 ans. Il habitait Corcieux. Il était mon premier Amour.
Nous nous sommes revus, jusqu'à son départ, fin juin. Nous nous sommes quittés, dans les larmes.
Il m'a écrit, longtemps, glissant dans ses lettres des fleurs des champs séchées...

Le temps a passé. L'an dernier, j'ai retrouvé le bâton de la crême glacée que j'avais gardé, parce qu'il l'avait mordillé. J'ai retrouvé les lettres, les fleurs...les émotions. Dans ma chambre, chez ma mère, tout était là. Elle n'avait touché à rien. Elle m'a regardée en souriant quand j'ai versé une larme. Elle aussi, se souvenait de ce garçon si gentil qui avait tant fait pleurer sa fille!

J'ai tout retrouvé, et j'ai tout brûlé: on ne repasse jamais par sa jeunesse....

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C'était...il y a longtemps

Le printemps était beau cette année-là. Le soleil généreux et les températures douces.

La nature s'éveillait en une explosion de couleurs. J'avais 14 ans.
Chaque matin, avec mes amies, je prenais le car qui nous conduisait au collège. Et chaque soir, ce même car nous déposait au pied d'un petit immeuble. C'était en fait un foyer pour étudiants. Il était là depuis toujours, je n'y avais jamais prêté attention. D'ailleurs, je me demande bien pourquoi il avait été construit là, si loin de la fac!
Nous étions ravies de pouvoir porter nos nouvelles tenues, heureuses d'offrir nos peaux blanches aux premiers rayons du soleil. Nous nous sentions légères, nous étions insouciantes.

A cette époque, mon corps s'éveillait aussi, doucement. Le soir, dans mon lit, je me souviens avoir tenté quelques explorations, sans jamais découvrir un réel plaisir. Je n'étais pas douée pour les plaisirs solitaires (j'y reviendrai un autre jour). Trop impatiente, trop ignorante...
J'aimais caresser mes seins tout ronds devant le miroir de ma chambre. Les sentir se durcir me faisait frissonner, me chavirait le coeur.

Depuis plusieurs jours, j'avais remarqué sa présence, à la fenêtre. La deuxième, en partant de la droite, dernier étage. Je revois encore sa silhouette. J'avais la sensation étrange qu'il était là pour moi, qu'il m'attendait. Chaque soir, en descendant du car, je levais les yeux, et il était là, il me regardait. Pas une seconde, je n'avais envisagé qu'il pouvait regarder Mireille plutôt que moi. Je levais les yeux, je devinais son visage, en même temps que je recevais une décharge électrique au coeur, et je me détournais.
J'habitais à quelques centaines de mètres de là. Je sentais son regard posé sur moi, jusqu'à ce que je disparaisse de sa vue. Un soir, j'avais rusé: j'avais attendu quelques secondes, puis j'étais revenue sur mes pas...il n'était plus à sa fenêtre. C'est sûr, il était là pour moi.
Cette année là, j'ai dit à ma mère que je voulais changer de chambre, prendre celle de mes frères, puisqu'ils n'étaient plus à la maison. J'ai troqué la vue sur la forêt, sur la prairie, contre celle sur l'immeuble des étudiants...
Le soleil était toujours complice. A mon tour, j'ouvrais la fenêtre, et j'attendais. Je n'ai pas attendu longtemps. Il a compris. Il a compris, que cette silhouette, à peine visible à la fenêtre de cette maison, là-bas, c'était moi.
Qu'elle était étrange cette approche, troublante cette cour! romanesque et romantique, comme je l'étais à la sortie de l'enfance.
Un soir, il m'a fait un petit signe de la main... et vlan, encore un coup au coeur! J'avais répondu, timidement. J'étais heureuse. Combien de soirs ce manège a-t-il duré? je ne me souviens pas...j'étais bien.
J'avais du rêve à ma fenêtre...

fenetre

à suivre...

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04 avril 2008

Ceci n'est pas un rouge à lèvres

DSCN1964

Non, non, ce n'est pas un rouge à lèvres...

Moi, c'est plutôt aux joues qu'il me mettrait des couleurs...

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25 mars 2008

Message personnel

Vendetta...

pseudo évocateur et charmeur, pour qui est tombé en amour pour l'île de beauté! Soyez ici remercié de votre passage et de votre message privé si gourmand!

Mais si la vendetta exige une certaine discrétion, rien de ce que vous m'avez écrit ne justifiait tant de précaution...prenez donc place ici, laissez votre trace, quand bon vous semble.

Promis, juré, craché (beurk), je ne vous ai pas vu, je ne vous connais pas et je ne dirai rien...d'ailleurs, j'ai rien dit!

Vous m'avez donné faim! des petits cannistrelli aux amandes! voilà ce dont j'ai envie!

Posté par chimeres à 14:25 - C'est beau la vie - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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