06 juin 2008
Pari sur l'inconnu 5
Très vite, elle sentit à nouveau une onde de feu l'envahir. Ses jambes tremblaient sous l'assaut et la puissance de l'extase. Le sexe qui baisait sa bouche semblait s'être callé sur le rythme de celui qui possédait son ventre. Elle perdait complètement le contrôle, elle le savait. Parfois, un frisson d'angoisse irraisonné la parcourait: Il le lui avait dit: tout ne serait que plaisir! Elle n'avait donc rien à craindre, et tout à espérer...
Et qu'espérait-elle au fond, sinon se sentir infiniment vivante? Au coeur de l'été de sa vie, elle s'offrait une journée de récréation. Une journée pendant laquelle elle espérait de toute son âme qu'elle irait jusqu'au bout de ses fantasmes, ses désirs inavoués, ceux-là même qui la réveillaient parfois la nuit, la laissant pantelante et frustrée.
Ce sont ces idées qui lui traversent l'esprit, alors qu'elle est accrochée là, comme un objet de plaisir entre les mains de ses hôtes. Avec l'espoir fou qu'ils liront dans ses pensées, et qu'ils l'emmèneront aussi loin que sa folie l'impose...
Quand l'homme entre ses cuisses eût joui, il se retira et ôta rapidement son préservatif qu'il jeta négligemment. Il présenta alors son sexe fatiguée à Cathy, qui se délecta des parfums de sa jouissance.
Le maître de cérémonie se retira lui aussi de sa bouche, et fit signe à ses acolytes de venir la libérer de ses liens. Quand elle posa pied à terre, elle vascilla et il eût un rire moqueur: -hé bien ma belle! on tient mal la distance on dirait?
Elle reçut cette phrase comme une flèche, et blessée dans son orgueil mais sans prononcer le moindre mot, elle se redressa.
- viens par là...il est temps de passer aux choses sérieuses!
il la fit allonger sur un lit d'examen, semblable à celui d'un médecin. Elle avait les fesses au bord du vide, et il installa ses jambes dans les étriers. Il savoura longuement le fruit de sa jouissance. Sa langue était douce et habile. Il la fouilla de ses doigts, profondément, et sa langue glissa dans le sillon... Il écarta ses fesses sans ménagement, dégageant ainsi l'entrée secrète, la plus sombre et la plus étroite. De sa langue dardée, il la pénétra. Il s'appliqua à détendre l'anneau défendu. Elle semblait résister.
- détends toi! c'est un peu tard, pour jouer les oies blanche, non? Et puis tu nous as dit aimer ça, non?
A ces questions, elle ne répondit que par des gémissements, mélange de pudeur outragée et de plaisir croissant.
Il remplaça sa langue par ses doigts, qu'il fit tourner, aller et venir, pour élargir le conduit. Quand il la jugea enfin prête, il se leva, et elle vit alors son sexe lourd, épais, bandé comme un arc, s'approcher de ses fesses.
Il resta un instant, les yeux fixés dans les siens. Elle y vit des lueurs de vice et de désir animal qui eurent raison de ses dernières retenues. C'est alors qu'il la pénétra, doucement. Elle s'attendait à ce qu'il le fasse sans ménagement, brutalement, et ce fut tout le contraire. Elle sentit son gland, délicatement forcer l'orifice. Il exerçait une pression légère, puis se retirait. Il s'approchait à nouveau, sans conquérir davantage.
Elle sentit alors monter en elle un désir violent, qui tétanisait ses mains. Elle le voulait, maintenant. A son sourire, elle comprit qu'il lisait en elle, et qu'il en jouait....et c'est elle, qui de ses mains posées sur ses fesses, l'attira, l'invita en elle....
03 juin 2008
Pari sur l'inconnu 4
Le contact à la fois doux et brûlant lui arracha le soupir plaintif des plaisirs les plus profonds. Depuis le matin, elle avait contenu toute la tension que la situation engendrait, ignorant les spasmes de son ventre gourmand, concentrée sur un seul objectif: être là. Et elle était là, en ce lieu mystérieux, offrande païenne sacrifiée sur l'autel des plaisirs libertins, consciente et consentante.
Enfin, elle pouvait se libérer de ses chaines, n'être plus qu'un corps. Comme si tout son sang affluait soudain dans cette minuscule parcelle de chair, il lui sembla que son coeur battait entre ses jambes. Agacé par la caresse experte, son clitoris frémissait, se contractait, vibrait, et c'est tout son corps qui était secoué par le spasme de la jouissance. Pourtant, Cathy la maintenait fermement.
Autour d'elle, les hommes avaient libéré leur sexe et se caressaient. Le maître des lieux s'approcha. Son visage était à bonne hauteur. Il présenta sa queue à ses lèvres. La voix claqua comme un fouet. - suce moi!
Sous l'injonction, elle ressentit un spasme plus violent encore. Elle jouissait toujours. Le barrage de sa pudeur avait cédé et son ventre n'en finissait pas de couler. Elle ouvrit la bouche, à peine. Ses lèvres en étaient les ultimes remparts. Elle voulait qu'il déflore sa bouche, qu'il la force. Et elle s'appliqua. Il sembla tellement apprécier qu'il la laissa agir à sa guise, se contentant de maintenir sa tête, puisqu'elle n'avait pas l'usage de ses mains, retenues prisonnières. Lentement, elle s'ouvrit, contractant ses lèvres en rythme. Doucement, elle avalait sa proie. Elle n'en finissait pas de l'aspirer. Lorsqu'enfin, il buta au fond de sa gorge, elle crut étouffer. Il le remarqua, mais ne déserra l'étreinte que lorsqu'elle eut un haut le coeur. Il reprenait la main.
Cathy l'avait délaissée. Elle avait repris place dans son fauteuil, et se caressait frénétiquement, tout en suçant l'un des voyeurs. L'autre se tenait toujours près d'elle, et continuait les va et vient de sa main sur son sexe, semblant attendre la phrase qui finit par tomber:
- vas-y, prends la!
Il ne se fit pas prier. Il enfila un préservatif avec une déconcertante aisance, et la pénétra puissamment. Elle était si mouillée qu'il allait et venait, dans un bruit de succion excitant.
***
02 juin 2008
Pari sur l'inconnu 3
Il ne tarda pas à arriver, par une porte qu'elle n'avait pas remarquée. Il était accompagné de deux autres hommes, qui prirent place contre le mur, en silence. Elle ressentit très vite une certaine frustration: leur visage était masqué. Il se présenta, en donnant des détails qui ne laissait pas planer le doute sur son identité, mais la prévint de suite qu'elle ne verrait pas son visage, pas plus que celui de ses amis. Il lui confia au passage qu'elle les connaissait aussi, qu'elle avait souvent conversé avec eux.
Naquit alors en elle un sentiment étrange: elle se sentait plus nue que nue, dans cette tenue provocante, qui ne cachait d'elle que le "montrable", pour exhiber le plus intime. Elle se sentait dévisagée, observée, évaluée, comme un animal qu'on s'apprête à s'offrir. elle ne montra rien de son émoi. Il ne vit probablement rien de la rougeur de ses joues: la lueur des bougies donnait une lumière chaude à sa peau.
Il la complimenta sur sa plastique, palpant ses fesses de sa main gantée de latex noir. Il tournait autour d'elle, et elle se demandait à quel moment il allait la dévorer. Etrangement, ce climat qui aurait du l'affoler l'excitait terriblement. A sa poitrine palpitante, il perçut son émotion et il eut un rire obscène.
-On continue, ou on arrête? tu peux encore en décider...
Un temps surprise par ce passage au tutoiement, elle répondit simplement -on continue.
Elle se fixa cependant une règle: se livrer le moins possible. Il ne lui faisait pas la faveur de lui dévoiler ses traits, elle ne lui offrirait pas sa voix, ou très peu. Juste l'indispensable. Elle qui l'avait séduit par ses mots porterait l'estocade aux lignes de son corps.
Il fit un signe à ses deux complices qui s'approchèrent, la déshabillèrent du regard, puis la soulevèrent délicatement. En quelques secondes, elle se retrouva suspendue, les reins et les épaules maintenus par une large lanière de cuir accrochée au bout d'une chaine fixée au plafond. Ses chevilles furent emprisonnées dans des bracelets, dans une position d'extrême indécence: elle était là, offerte, jambes écartées...et elle se maudissait en sentant couler entre ses fesses l'élixir du désir.
Il prit place entre ses cuisses.
- mais dis-moi ma jolie, on dirait que tu mouilles? mmmhhh! regardez les mecs, notre chère demoiselle semble se plaire parmi nous!
Puis se retournant vers Cathy qui ne s'était pas manifestée depuis leur entrée:
- Cathy! Viens ma chérie! profite...puisqu'elle est déjà prête, profite! régale toi!
Sans plus se faire prier, elle s'approcha, s'agenouilla sur un prie-Dieu avancé pour elle, écarta ses lèvres et s'envint lire ses pensées les plus intimes du bout de la langue...
***
30 mai 2008
Pari sur l'inconnu 2
La femme est venue l'aider à sortir de la voiture. Aussitôt, elle a senti le vent frais s'engouffrer sous sa jupe, caresser sa peau nue, au-dessus de ses bas. Privée de la vue, attentive au moindre bruit, elle a entendu le bruissement des feuilles dans les arbres.
C'est alors qu'elle s'est présentée: je suis Cathy.
- Cathy? celle avec qui j'ai écrit tant de duos érotiques?
- Oui, oui, la même!
Comme si elle arrivait enfin en terrain connu, elle se détendit un peu et se laissa guider dans l'allée de cailloux qui lui rendait la démarche hésitante. Elle a monté plusieurs marches avant d'entrer dans une maison. Une forte odeur d'encaustique saturait l'atmosphère. Le parquet s'est mis à grincer sous ses pieds. De chaque marche de l'escalier qu'elle emprunta émanait une plainte.
Elle était chez lui, à l'extérieur de la ville, dans une demeure cossue du début du dernier siècle. Elle était là, sans téléphone, sans qu'aucun de ses proches ne sache quelle folie elle était en train de commettre, avec une déconcertante détermination. Tout était allé si vite!
Lorsqu'elles sont arrivées dans la chambre, Cathy lui a ôté son masque, lui rendant la lumière. Les volets étaient clos, mais l'endroit décoré avec goût. Non, décidément, rien ne l'inquiétait vraiment. Tout cela n'était qu'un jeu.
- Voilà, je te laisse te changer. Il a préparé ça pour toi.
Posée sur le lit, une tenue au goût douteux la fit éclater de rire.
- Oh non! il ne veut quand même pas que je porte ça?!
- Ah si! il est formel: ou bien tu obéis à la lettre, ou bien nous te reconduisons chez toi
La fermeté du ton employé la surprit un peu, tout comme le manque d'humour de Cathy,mais elle se plia aux éxigences du maître des lieux.
Elle revêtit sans broncher le corset, les cuissardes et les gants de latex rouge, ainsi que les bas noirs. Ainsi parée, elle se mira dans un psyché et ce qu'elle vit lui parût...très sexe. Elle se vit indécente et excitante. Ses seins, remontés à l'extrême, débordaient des corbeilles comme deux fruits bien murs...quant à son cul...il apparaissait tel une cible.
- c'est bon? tu es prête?
- Oui! mais on ne reste pas là?
- non, on descend
A nouveau, Cathy lui banda les yeux et elles reprirent l'escalier. Elle reconnut d'instinct l'endroit par lequel elles étaient entrées, tout à l'heure, mais elles empruntèrent cette fois un autre escalier. Celui-ci était en pierre, et la fraîcheur soudaine lui fit comprendre qu'elles se rendaient au sous-sol. Elle eut tout loisir d'admirer les lieux parce que Cathy dénoua aussitôt le foulard. Elles cheminaient dans un long couloir vouté, aux pierres magnifiques. L'endroit ne manquait pas de charme. Elles arrivèrent devant une grille de fer forgée qu'un homme masqué vint ouvrir.
Elles entrèrent alors dans une pièce à l'ambiance barroque, éclairée de plusieurs candélabres, mais dont le mobilier ne laissait pas planer le doute sur l'usage de l'endroit. Dans un coin, un fauteuil particulier, muni d'étriers, laissait imaginer la position indécente de celle(ou celui) qui y prenait place.
Là, un paravent, percé à hauteur stratégique de plusieurs trous, comme ceux que l'on trouve dans certaines boîtes échangistes, et qui permettent d'être sucés sans être vus... Et puis là encore, accrochés au plafond, des chaines, des supports de cuirs... mais dans quel guêpier s'est-elle fourrée?!
- Ne t'inquiète pas! Ici, tout n'est que plaisir. détends-toi!
Cathy s'installa dans un fauteuil tandis qu'elle resta debout, attendant l'entrée du maître-queue...
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27 mai 2008
Pari sur l'inconnu
Depuis qu'elle a échoué sur ce site, voilà près d'un an, sa vie a pris une tournure inattendue. Bien sûr, quand elle s'est inscrite, elle savait bien qu'elle ne parlerait pas point de croix mais plutôt fines dentelles. Ca tombait bien, elle aimait ça, les dentelles, les dessous chics et le crissement de la soie! Elle a tout de suite trouvé sa place, et de sa plume, elle embrasait les sens des lecteurs de passage.
Mais tout ça était trop facile pour elle. Elle, ce qu'elle voulait, c'était atteindre le maître des lieux, le secret, le discret. Elle le savait, tapis dans l'ombre, à l'affût de ses textes sulfureux. Et à son tour, elle a épié; ses remarques, ses commentaires. Elle l'a étudié, disséqué avec une précision chirurgicale, pour mieux affiner son plan d'attaque. Elle a vite compris que l'homme versait dans la domination. Fallait-il qu'elle soit folle pour emprunter ce chemin jusque là inconnu! Mais voilà justement ce qui la faisait vibrer plus que tout: les défis qu'elle se lançait à elle-même. Et le dernier qu'elle avait imaginé, c'était de séduire cet homme et de le rencontrer. La stratégie était simple: s'approcher, le ferrer, tout en lui laissant croire qu'il décidait de tout.
Et une fois de plus, elle a gagné...enfin, selon les règles qu'elle s'était fixées!
Longtemps, ils ont joué au chat et à la souris. Elle a feint une innocente naïveté qui l'a définitivement conquis, allant jusqu'à lui donner son numéro de téléphone, accompagné de ces quelques mots: "à vous, quand vous le voudrez, où vous voudrez, comme vous voudrez". Puis elle s'est tue. Elle n'a plus écrit. Oh, il a bien tenu, un peu, puis un jour...
- Allo?
- C'est moi
Il ne manquait pas non plus d'assurance, pour savoir que sans jamais l'avoir entendu, elle le reconnaitrait! Le coeur affolé, elle n'a rien montré de son émotion. Elle a juste répondu - bonjour. Je vous écoute...
- votre proposition tient-elle toujours?
- je ne reviens jamais sur mes promesses
- demain, 14 heures. Soyez prête: quelqu'un passera vous prendre, à une condition...
- acceptée
- vous n'attendez pas de savoir laquelle?...prometteur! vous aurez les yeux bandés. Vous ne devez pas savoir où vous allez
L'échange qui a suivi n'était que soucis logistiques sans intérêt...
- avez-vous une préférence, pour ma tenue?
- ne vous souciez pas de ça. Vous trouverez le nécessaire sur place. à demain.
Elle était arrivée à ses fins; elle avait un rendez-vous avec sa proie, mais soudain, elle eut un frisson, une minute de lucidité...et si c'était elle, la proie?! Trop tard, elle ne reculerait pas!
Après une mauvaise nuit, elle s'est levée tôt. Elle a fait couler un bain dans lequel elle s'est laissée aller à la rêverie, imaginant 1001 scenarii. Puis elle s'est soigneusement épilée.
A 14 heures, elle était prête lorsque la voiture s'arrêta dans la cour.
Alors qu'elle s'approchait de la portière, une femme sortit et sans un mot, elle lui banda rapidement les yeux avant de la guider à l'intérieur. Docile, elle se laissa faire. Elle tenta bien de se repérer, elle posa quelques questions qui restèrent sans réponse. Combien de temps ont-ils roulé, elle ne saurait dire. Elle se rappelle juste de l'excitation qui était la sienne, et qui croissait à mesure qu'elle s'approchait de son mystérieux partenaire. Une excitation étrange, de désir animal et de peur mêlés. Quand enfin elle entendit le bruit des graviers sous les roues de la voiture, elle comprit qu'ils étaient arrivés et elle en fût presque soulagée...
***
11 mai 2008
Songe éveillé
Pour une fois, je me suis offert un break. J'ai décidé de ne rien faire...pas si facile, finalement! La légumite, c'est pas trop mon truc, mais comme j'ai décidé de tout goûter dans la vie, pourquoi pas ça, hein? et puis on ne parle bien de ce qu'on connait bien, c'est un fait! Donc, ne rien faire, c'est bien, mais encore faut-il le faire bien: j'ai donc ressorti mon maillot de bain, la crème solaire, mes lunettes de soleil, j'ai ouvert le lit de piscine sur la terrasse et à moi le farniente!
Ah si, j'ai quand même pris un bouquin!...faut pas exagérer non plus! le vide total, ça me donne le vertige!
Je m'installe...finalement, ça fait du bien...je me oins, façon sardine qu'on s'apprête à griller au barbecue, et je soupire d'aise. J'entame ma lecture...bas de page...mais ça parle de quoi? je ne me souviens plus! je recommence...bas de page... j'ai la trouille tout à coup! c'est le manque d'habitude, peut-être: moi le farniente, ça ne me réussit pas, je ne suis même pas capable de me concentrer sur une page!
Au diable la lecture, je m'abandonne aux rayons du soleil, en rejetant loin de moi l'image du mélanome qui menace de m'emporter ad patres: vade retro satanas! y'a du boulot ailleurs! y'a plein de vieilles peaux frippées et désèchées...mais dorées à becqueter avant la mienne!
Je m'endors..si, je vous assure! je m'endors! peut-être même que je rêve...
Je sens soudain une présence à mes côtés. Contemplative, la présence. Il convient de ne pas troubler la contemplation. Et puis je dors... La sensation se précise, sous la forme d'une main qui se pose sur ma cuisse, qui suit le galbe de mes muscles, qui tourne autour de mon genou, puis qui remonte, choisissant la peau la plus fine, jusqu'à l'obstacle convoité.
Des lèvres douces se posent sur mes seins, les sucotent. Le vent sur ma peau mouillée me fait frissonner et mes tétons se dressent, courroussés. Une langue dardée les agace à présent, ayant pour effet de faire naître en mon ventre un trouble délicieux...un mouvement de mon bassin, à peine percéptible, encourage le visiteur de mes songes à m'ôter l'ultime rempart à ma nudité. Me voilà à présent comme à mon premier jour, dans l'innocence de mon sommeil, peu importe qu'il soit feint, puisque qu'il ne trompe personne...
De ses deux mains, il écarte mes cuisses et mes jambes se posent de chaque côté du lit, lui faisant une petite place qu'il prend aussitôt. Ses doigts magiciens, par leur danse subtile, épanouissent ma fleur, dont il écarte les pétales pour déguster le bourgeon. Sa langue, douce et brûlante, se fait tour à tour piquante et caressante, diabolique de précision. Elle tourne et contourne, frôle, garde le contrôle d'un plaisir qui s'approche. Elle en juge par le gonflement qu'elle procure en cette zone sensible.
Je dors, c'est entendu: je m'interdis donc le moindre mouvement volontaire: pas question de plaquer sa bouche rageusement sur mon sexe pour en finir, pas question de le supplier de me l'offrir, ce plaisir attendu...pas question non plus de glisser ma main sur le foureau qui renferme sans nul doute une epée prête à en découdre.
En amant chevaleresque, comprenant qu'il serait mal venu d'abuser plus longtemps d'une femme endormie, il rend les armes, non sans avoir porté la divine estocade! La langue s'est posée au sommet du bourgeon gonflé de désir, puis elle a, experte, apporté la jouissance, celle qui fait crier, celle qui offusque les voisins...sans réveiller l'heureuse élue, ça va de soi!
Le corps frémissant, brisée par le plaisir, c'est alors que j'ai vraiment sombré...
06 mai 2008
secret d'alcôve
Assise sur le lit, je te regarde...je t'aime, pour ta folie, qui te pousse à épouser la mienne.
J'ai envie de Toi comme ça. Offert. A ma vue, à mes mains...à mes sens.
Qu'il est bon, de réinventer sans cesse des jeux, comme deux enfants qui auraient grandi, innocents aux mains pleines. Sans le savoir, c'est toi qui a glissé l'idée à mon oreille, l'autre soir...
Un jour, je voudrais que tu te laisses faire. Je voudrais que tu laisses tes mains tranquilles, que tu cesses d'onduler comme ça, pour toujours me garder au fond de toi. Je veux maitriser ton plaisir...
Ces mots là m'ont troublée. Longtemps, ils ont résonné dans ma tête, comme une douce musique. L'idée a germé et je te l'ai promis: je m'abandonnerai comme ça. Tu liras dans mes yeux mes suppliques, mais je ne retiendrai pas prisonnier entre mes jambes-lianes; c'est toi, qui maîtriseras mes hanches-flammes, toi qui décideras de l'instant où commencera le long crescendo. Tu seras chef d'orchestre, et ta baguette sera fidèle messagère de ton âme...c'est toi qui choisiras du moment où tu me donneras la petite mort. tu te délecteras, doux-sadique, de ma lente agonie, jusqu'à ce que je t'offre le cri libérateur, celui qui sera le point d'orgue de notre concerto à deux voix...mais en attendant...
Je suis là, sur le lit, et je te regarde, offert... de quelle corde sensible vais-je jouer, crois-tu?
Et vous là...derrière la porte...oui, vous! c'est pas bien de regarder par le trou de la serrure! la suite nous appartient!
01 avril 2008
Liaison improbable: suite et fin
Comme chaque dernier mardi de chaque mois, je pousse la porte de l’hotel et je demande la clé au jeune homme, qui m’adresse au passage un sourire complice.
Je prends l’escalier plutôt que l’ascenseur, pour prendre le temps de savourer les instants qui me rapprochent de « l’impact ».
Je tourne la clé dans la serrure et j’ouvre la porte. Il règne dans cette chambre une ambiance feutrée qui sied à merveille à nos rencontres clandestines.
Sur le lit, je trouve, posés en évidence, un serre-taille de cuir noir et un bandeau de satin de même couleur…le voilà fétichiste !
Sur un guéridon, je vois une sacoche que je n’ouvre pas, comme convenu.
J’ai un quart d’heure pour me déshabiller et me préparer. C’est peu mais encore trop : je commence à me demander si je n’ai pas accepté le rendez-vous de trop.
Pas le temps de répondre à cette question que j’entends des pas dans le couloir, la porte qui s’ouvre et se referme.
Je sens une deuxième présence, mais comme prévu, l’autre ne dit rien. J’aurais pourtant aimé connaître au moins le son de sa voix.
Soudain, il s’approche. Je reconnais son parfum. Il caresse mon visage avec douceur, tandis qu’il baise mes lèvres avec sauvagerie : j’ai appris à le connaître. Il est à la fois le feu et la glace. Abandonnant ma bouche, il glisse sa langue dans mon cou, trace une route de frissons jusqu’à mes seins nus et dressés, qu’il pétrie et aspire tour à tour.
L’autre prend place à mes côtés, guide mon visage vers son sexe bandé qu’il fait pénétrer sans ménagement entre mes lèvres.
J’ai beaucoup de peine à ouvrir ma bouche. Ma mâchoire me fait mal.
J’ai bien choisi, n’est-ce pas ? et tu veux savoir ce que ça va faire dans ta chatte ?
Je réponds d’un gémissement mais il connaissait déjà ma réponse.
Je l’entends ouvrir quelque chose… probablement la sacoche que j’ai vue tout à l’heure. Je sens quelque chose de lourd, froid et dur me pénétrer. Mon excitation est telle qu’il est entré sans aucune difficulté.
Alors ?… tu aimes ?…pourtant, ça n’a rien d’extraordinaire !…et comme ça ?…
J’ai identifié l’objet ! il a enfoncé dans mon ventre un ancien speculum en metal, et il l’ouvre, avec une lenteur presque sadique.
C’est mieux comme ça, hein ? ….encore ? oui ! bien sûr !….
Je sens ma chatte s’ouvrir de façon démesurée, et le savoir là, à quelques centimètres, posant son regard lubrique sur mon intimité offerte m’excite terriblement.
Oh ! mais tu mouilles dis-donc !
L’autre, l’inconnu, plus qu’inconnu, continue ses va et vient sauvages. Je suis au bord de l’étouffement, et ma salive coule dans mon cou.
Klyde, de sa langue, caresse mon bourgeon dressé, puis câline à présent mon anus qu’il dilate doucement, enfonçant un doigt…puis deux.
S’adressant à son ami : Elle est bientôt prête…
A ces mots, je ressens un frisson, qui irradie mes reins et enflamme mon corps tout entier, déclenchant mon premier orgasme.
Mmm ! voilà qui est bien ! je crois qu’on peut passer aux choses sérieuses !
Enfin, l’autre se retire et j’ai peine à refermer la bouche. Il s’allonge à mes côtés.
Allez, en selle ma belle !
Sans plus attendre, il me libère de son outil barbare, et je ressens aussitôt une onde de chaleur dans mon ventre. Enfin, il me guide et j’enfourche ma monture. Je ne sais si c’est la main de Klyde ou celle de son ami qui guide cette longue colonne de chair entre mes lèvres. Doucement, je l’engloutis, toute entière. Je reste immobile quelques secondes, je savoure l’instant. Je me sens remplie, comblée. Je contracte mes muscles pour la serrer, fort. Je tente de me redresser et de commencer à onduler, mais Klyde s’attendait à ça : il sait que dans cette position, je vais toujours chercher la clé de mes orgasmes les plus puissants.
Ah non ! tu ne croyais quand même pas t’en tirer comme ça !
Avec douceur, il se penche sur moi, me contraignant ainsi à m’allonger sur la poitrine de son ami. J’ai la vision précise de la scène qui s’offre à ses yeux : ma croupe ainsi relevée, il a pour cible parfaite l’orifice convoité. Il s’en approche, il se présente. Il pousse, doucement, puis fermement, et déjà il cède, m’arrachant un cri. Douleur ou plaisir, je ne sais pas, je ne sais plus. Je ne suis plus que désir, brutal et animal. Je sens entre mes reins sa lente progression, inexorable.
Mais il joue encore. Il me pénètre puis se retire, sans jamais s’engouffrer complètement. Il attend. Il attend les mots que je me suis promise de ne pas dire.
Alors il joue, encore. Il a compris l’enjeu. Qui de l’autre cèdera le premier ?…
Je gémis, tends mes fesses vers lui, espérant que le langage du corps saura le convaincre autant que mes mots, mais il anticipe, recule.
Alors dans un cri de rage, je prononce les mots qu’il attendait. Dans un râle de satisfaction, il s’enfonce enfin, jusqu’à la garde. Jusqu’à ce que ses couilles cognent celles de son ami.
Dans un superbe mouvement synchrone, ils m’offrent la plus déchirante des jouissances, de celles qui font oublier toutes les autres, qui vous font oublier jusqu’à votre nom. Je tiens le fil fragile d’un plaisir éphémère et coupable, je m’y accroche, hurlante et gémissante sous l’assaut viril, jusqu’à ce qu’enfin, ils me rejoignent….
Comme l’océan déchaîné peine à se calmer, nous retrouvons lentement nos esprits, les cris ont laissé la place aux soupirs, les gestes se font plus tendres.
Klyde s’arrache à moi avec précaution et s’allonge sur le lit. A mon tour, je me libère de mon carcan de chair et me laisse tomber à ses côtés. J’ai toujours les yeux bandés, et je voudrais vraiment arracher ce maudit bandeau. C’est fou comme ce qui paraît si excitant avant l’étreinte peut perdre tout son attrait après la jouissance… mais je ne l’ôterai pas. Ce serait rompre le pacte, perdre la face.
Comme s’il lisait dans mes pensées, il finit par dire notre ami va nous quitter, tu pourras bientôt retirer ton bandeau.
Il vient de sortir de la douche, et je l’entends se vêtir, puis refermer la porte derrière lui sans un mot.
Dans un soupir de soulagement, je recouvre la vue. J’ai un peu de mal à m’habituer à la lumière, mais lorsqu’enfin, je pose mes yeux sur lui, je vois sur son visage une expression étrange : mélange de tendresse et de fierté.
Pas question de me laisser aller : je me lève d’un bond et lui jette défi relevé, je crois ? le prochain sera pour vous !
Je tiens à remercier ici Vagant. C'est sur son blog Extravagances que j'ai trouvé l'inspiration pour écrire cette histoire. Certains lecteurs commentaient avec plus ou moins de délicatesse une scène de double pénétration de son roman "Sans vain coeur ni vain cul". M'est donc venue l'idée de me livrer à l'exercice, en toute modestie, et avec son accord, bien entendu.
29 mars 2008
Liaison improbable
Comme chaque jour depuis des mois, à peine rentrée chez moi, je tape sur le clavier mon pseudo et mon mot de passe, et j’attends. Interminables secondes pendant lesquelles j’espère, le cœur battant, un message de lui. Boîte de réception (1)
Je fais durer le plaisir, caressant du pointeur le lien virtuel, puis je clique, comme on capitule.
Oui, c’est lui. Qu’a-t-il pu inventer cette fois ?
Je ne sais rien de lui, et pourtant je connais l’essentiel. J’ai goûté le sel à son cou et le lait à sa source.
Il ne sait rien de moi, qui me donne à lui sans aucune retenue, sans aucune pudeur, chaque mois, à date fixe, dans le même hôtel de la rue de la gare.
Je croise à l’occasion les putes du quartier, qui me jettent au passage un regard noir, m’offrant sans le savoir le frisson de l’interdit, audace de mon indicible légèreté.
La fréquence de nos rendez-vous me convient parfaitement : j’ai ainsi le temps de reprendre pieds dans ma vie de bourgeoise respectable et respectée, avant d’accepter à nouveau ces après-midi de folie sexuelle, entractes enflammés d’une vie sans canicule.
L’intensité qu’il donne à nos rencontres clandestines va croissante. Il s’est promis de trouver mes limites. Moi-même, je ne les connais pas, et je l’ai mis au défi de me les faire découvrir.
Il m’a demandé êtes-vous prête à tout ?
Sans réfléchir, j’ai dit oui.
Avec cette insouciance qui est le propre des fous ou des faibles d’esprit, alors que je suis parfaitement consciente des risques que je prends, que j’ai beaucoup à perdre, et que, je le répète, je ne sais rien de lui…sinon qu’il me baise comme un Dieu.
Chère Chimères,
Rendez-vous demain, chambre 123, à 14h00. Vous trouverez sur place de quoi vous vêtir, quelques accessoires auxquels vous voudrez bien ne prêter aucune attention, et un foulard dont vous vous banderez les yeux. Prévoyez le temps nécessaire à votre changement de tenue, car je vous veux prête lorsque je vous rejoindrai. Je ne serai pas seul. J’ai trouvé pour vous un ami dont les arguments devraient vous plaire. Il ne vous parlera pas. Vous ne le verrez pas.
Il ne vient pas pour vous parler poésie, vous l’avez compris…acceptez-vous ?
Klyde
Je lis et relis cette lettre, qui m’affole et me transporte, et sans attendre, je réponds
restriction, gardant en mémoire ce que vous m’avez promis lors de notre première rencontre.
Chimères
Notre contrat est simple : à tout instant, l’un de nous peut y mettre fin, s’il renonce, s’il recule, s’il refuse d’accéder au désir de l’autre. En aucun cas il n’est question d’imposer quoi que ce soit. C’est bien du contraire dont il s’agit : avoir pleine conscience d’avancer pas à pas sur un chemin à chaque fois plus sulfureux, pour en absorber le plus de sensations jouissives.
Quand l’un de nous dira Stop, il mettra un terme définitif à la relation, sans possibilité de retour.
Je serai demain, chambre 123.
Je suis en avance. Je sors du métro est remonte la rue d’un pas déterminé. J’aime l’ambiance qui règne dans ce quartier, temple de la débauche et des amours tarifés. Je m’amuse à l’idée qu’une fois par mois, je fais de la concurrence déloyale à ces femmes qui gagnent si durement leur vie, en offrant gratuitement mon cul à mon inconnu qui en abuse avec talent.
Je n’ai pas fait cas de ma tenue, puisqu’aujourd’hui, je dois trouver sur place de quoi satisfaire ses envies. C’est d’ailleurs ma curiosité qui m’a poussée à partir si tôt.
Depuis ce matin, la tension monte, l’excitation va croissante. J’ai mal dormi, comme chaque nuit qui précède nos rendez-vous. J’ai fantasmé sur cet autre que je ne verrai pas. Je l’imagine viril, puissant…et black. J’ai toujours rêvé d’un mélange en noir et blanc ! Aussitôt, je me disais que ce serait une vraie frustration, s’il l’était vraiment, puisque je ne pourrais pas le voir !
Dans le silence de la nuit, assaillie par tant d’images évocatrices, je me suis caressée jusqu’à la jouissance, espérant apaiser mes sens aiguisés par la promesse de cet après-midi de luxure.
à suivre...

Mon cher Klyde,
Imaginez-vous un instant que je puisse décliner pareille invitation ? je l’accepte, sans
23 mars 2008
Une envie...
Là, j'ai une envie de chocolat. Mais pas une envie ordinaire, non!
Et puis j'aimerais peindre...pas sur une toile, non!
J'aimerais tremper un pinceau, fin et doux, dans un bain de chocolat brûlant. Lentement, de sa pointe, je tracerais sur sa peau nue et offerte, un itinéraire gourmand, tortueux, sinueux. J'aimerais voir sa plume se dresser, soulevée par le vent léger du désir. Je m'autoriserais quelques ratures, effacées du bout de la langue, pour mieux reprendre mon exquise esquisse.
Puis sentant venir un vent plus fort, je poserais mon pinceau, et je referais le chemin à l'envers, dévorant mon oeuvre aux saveurs sucrées-salées...
Il n'aurait rien vu. Je lui aurais bandé les yeux. Ma gourmandise à moitié satisfaite, une moustache enfantine autour des lèvres, je consentirais alors volontiers à lui baiser les lèvres, à caliner sa langue.
Et pour assouvir ma faim, je viendrais , cavalière, avaler son sexe dressé, jusqu'à ce qu'il disparaisse dans les abysses de mon intimité.




